La Gaude Démocrate

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lundi, janvier 18 2010

Besson, Chabot, Peillon, Le Pen... Chacun fait son couscous dans son coin.

L’émission de Jeudi sur France 2, « A vous de juger », fait le buzz partout dans les médias.
Le lapin posé par Vincent Peillon à Arlette Chabot, et par conséquent à Eric Besson, en est bien sûr la raison principale. Les motifs avancés par l’eurodéputé socialiste y sont largement exposés ainsi que la réaction de la journaliste.

La contestation de Vincent Peillon se fonde sur deux arguments :

Dans un premier temps, le soir de l’émission sur son blog, il campe sur un argumentaire politique :

« Parce que tout mon engagement politique et citoyen est fondé d’abord sur les valeurs de la République, de la raison et de l’antifascisme, j’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 et d’attirer solennellement l’attention de mes compatriotes sur les graves dérives que subit notre démocratie …/… Pour habiller le tout, on m’a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d’abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée. Et, comme on pouvait s’y attendre, on s’est déjà d’ailleurs copieusement servi de ma présence annoncée pour adresser une fin de non recevoir à des journalistes de France Télévision qui, pourtant avec raison, avaient demandé la déprogrammation de ce débat. »

Puis le lendemain, sur France Info, il insiste sur la perversion (supposée ;-)) du média :

« Je voulais que les consciences s’éveillent. Le grand spectacle était organisé par Madame Chabot pour faire de l’audimat. J’ouvre un débat sur les missions du service public de l'audiovisuel. Je veux que les gens s’en saisissent. Est-ce que le débat de cette rentrée, c’est l’identité nationale, est-ce qu’il faut en débattre avec Eric Besson et Marine Le Pen. Ce débat lancé par Eric Besson ne méritait pas d’être relayé sur une chaîne de service public. Il fallait que ce soit dit »(Verbatim relevé dans un article de Marianne2)

Cet épisode en dit long sur le dialogue de sourd qui s’instaure en France à l’occasion du débat sur l’identité nationale.

D’un côté, on a les tenants de ce débat qui font mine de ne toujours pas comprendre la maladresse initiale que fut la création d’un « ministère de l’identité nationale et de l’immigration ». Si c’était absolument nécessaire pour l’élu de 2007, n’était-il pas plus judicieux de l’appeler « ministère de l’intégration et de l’immigration ».
Et de l’autre, ceux qui se refusent à constater qu’il y a effectivement quelques « petites choses » à mettre au point dans la façon dont l’intégration s’opère dans le pays.

D’un côté, ceux qui trouvent intérêt à monter des composantes de la population les unes contre les autres, comme on remue le couteau dans la plaie – quitte à l’élargir.
De l’autre, ceux qui font mine de ne pas voir qu’un certain nombre de citoyens subissent l’épanchement de cette plaie, et préfèrent la recouvrir d’un voile pudique.

Les deux attitudes sont dommageables.
L’une met en exergue le malaise sans y apporter de solution ; bien au contraire. L’autre s’exerce à le nier avec entêtement.

Face à ces deux autismes, pour le coup la prestation de Marine Le Pen, pendant l’émission, fut la moins crispante.
Calée dans ses postures aux relents xénophobes, elle avait au moins le mérite de vouloir parler de faits concrets : les écoles de Grigny et ses 1400 élèves sans papiers, les chiffres de l’immigration qui n’évoluent pas, la rue Myrrha bloquée pour la prière du Vendredi, l’introduction de « façons » musulmanes dans la vie publique, la discrimination positive à l’embauche sur la base de l’appartenance ethnique, etc...

Que ces faits méritent qu’on s’alarme ou pas, il n’en est pas moins vrai qu’ils alimentent l’inquiétude des français ? A quoi sert de refuser d’en débattre ? Ils sont mis sur la table par le FN.
(Cet article du Post.fr s’exerce à séparer le bon grain de l’ivraie entre les arguments des deux débateurs.)
Mais comme d’habitude ce que le FN dit doit être refusé en bloc quitte à nier les quelques vérités qu’il avance parfois. Un autisme de plus.

Mais Mr Besson et ses alter egos socialistes ne sont pas sans savoir que ces faits, avérés ou pas, font aussi l’objet de nombreux échanges via les boites de messagerie des internautes.
Qui n’a pas reçu par voie de courriel des vidéos ou diaporamas faisant leur miel d’affaires comme le bannissement du porc dans les cantines ou l’affectation d’horaires spécifiques dans les piscines municipales pour femmes musulmanes.

Ces diffusions virales via internet ne cessent de s’amplifier. S’amalgament ainsi, dans un même faisceau, des informations vérifiables mais présentées de façon tendancieuses, des vidéos de pure raillerie (comme cette vidéo d’une boite de gays musulmans qui est, en fait, une vidéo d’un rituel remixé sur fond de musique Dancefloor) et de sinistres témoignages de la barbarie intégriste (comme la lapidation d’une jeune fille achevée à coup de parpaings par une troupe de barbus - Coeur sensible s'abstenir de cliquer).
Mr Besson, et les autres, savent ce qui se passe sur internet et connaissent la confusion que cela provoque dans les esprits.

Lancer ce débat sur l’identité nationale fut une erreur. Elle est maintenant consommée.
Il a abouti à la stigmatisation des musulmans de France.
En hommes politiques responsables, tous se doivent d’assumer maintenant cette dérive et de l’affronter sans fausse pudeur.
Le sujet est grave. Il en va désormais de la cohésion nationale.

Malgré cela, pour ne pas se désavouer, les agitateurs gouvernementaux et les « angélistes » d’en face continuent de nier ce qui est devenu plus qu’un malaise. Le racisme ordinaire s’épanche sans retenue et sans discernement.

Il n’y a rien de pire que le désarroi d’un malade à qui l’on dit qu’il ne l’est pas.
Pire que le non dit, pire que le silence, les politiques opposent un déni aux français qui se sentent de ce fait incompris, comme s’ils étaient pris au piège.
Quoi de plus propice pour amplifier encore cette impression de complot islamiste – puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Cessons de ne pas dire les mots.
Les français « souchiens » ( : de souche, dans le langage des banlieues) ET les français musulmans ont tout intérêt à ce que l’abcès soit percé.

Le débat sur l’identité nationale n’était pas souhaitable. Paradoxalement, aujourd’hui, c’est un débat sur l’Islam en France qu’il est urgent d’entreprendre. Tant que le déni sera la règle, les choses ne vont aller qu’en s’envenimant.

De temps en temps, des professeurs, des sociologues commettent un article de presse portant la contradiction à cette pression anti immigration, égrenant des statistiques démographique (vieillissement de la pyramide des âges) démontrant que la France a besoin de cette immigration si elle veut faire face à futurs défis économiques.
D’autres avancent que les aides sociales mobilisées pour cette population sont minimes par rapport à d’autres postes budgétaires comparables.
Enfin, nombres d’articles viennent épauler l’idée que la grande majorité des français musulmans, mais aussi les détenteurs de simples carte de séjour, se sont mieux intégrés que dans d’autres pays européens.

Que risquent les politiques en relayant ces questionnements ?

Au mieux, d’apaiser la population dans son ensemble en démontrant que les français musulmans sont, dans leur grande majorité, aussi sympathiques que ceux que l’on côtoie quotidiennement au boulot, aux guichets, à la sortie de l’école…
Au pire, ils afficheront leur résistance au prosélytisme islamiste qui semble, aux yeux de beaucoup, être une réelle menace pour la pérennisation de leur mode de vie, pour les traditions françaises - et toutes ces choses auxquels il est légitime de tenir sans être accusé de réactionnaire nationaliste.

Au lieu de prendre le sujet à bras le corps, les politiques, et Mrs Besson, Hortefeux et Sarkozy en particulier, préfèrent nous pondre des lois qui se voient coiffées par une autre et une autre avant que le moindre décret de la première ne soit même sorti, vu qu’elles ne correspondent à rien de ce qui se vit dans la vie réelle.

Ce week-end à Nice, Xavier Bertrand vient encore de nous pondre une intention de loi : « Une étrangère en burqa ne pourra pas être naturalisée ! ».
Encore une fois nous sommes entre deux positions extrêmes niant la réalité.

D’un côté, ceux qui s’opposent à une loi contre la burqa arguent qu’en pratique, on ne pourrait pas mettre d’amende à ces femmes dans la rue. Où ont-ils vu la difficulté de dresser un PV à quiconque ne respecterait pas une loi dans la rue ? Ca arrive tous les jours pour toute sorte de motifs. Qu’ils aient de bonnes raisons pour s’opposer à une loi contre la burqa, c’est leur droit (et le débat reste ouvert). Mais alors qu’ils utilisent des arguments de bonne foi.

Par contre, de l’autre côté, nous avons un homme politique qui se figure que ces femmes viendraient en mairie, vêtues de leur burqa, pour se voir refuser le titre de nationalité qu’elles auraient brigué après avoir franchi toutes les difficultés afférentes à une naturalisation !! Une telle déclaration relève tout simplement de la pure démagogie.

Burqa, casquettes à l’envers, voile, cagoules, couvre-feu pour les mineurs, … Comme ces professeurs en déficit d’autorité qui se voient, en fin d’année, courir après les boulettes de papier alors qu’on leur a jeté leur portable par la fenêtre.
C’est pitoyable.
Ces dossiers (burqa, casquettes, etc…) valent-ils leur pesant de remise en cause de l’ordre public ? C’est probable. Mais ceux qui les agitent ne sont pas moins responsables des troubles qu’ils jettent au milieu de la population.

Qui nous fera une étude sur la hausse des actes de délinquance après la déclaration du « Karcher » ?
Qui nous fera une étude sur l’augmentation du nombre de femmes portant la burqa depuis la médiatisation de la controverse dont cela fait l’objet ?

A provocation, provocation et demie. Nos grands intellos gouvernementaux le savent et en jouent.

Quand on a une marge de la société dont une des seules occupations est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin (jeu stupide de jeunes désœuvrés, démotivés et imbéciles), nous avons, en France, l’exceptionnelle gloire d’avoir une classe politique qui s’amuse à agiter le chiffon rouge par pur calcul politique (jeu stupide de vieux politicards, nantis et imbéciles).
Et ce, pour le plus grand plaisir des aficionados d’extrême droite, d’une part, et d’extrême islam, d’autre part.
Et tout ce petit monde semble s’accommoder très bien de ces corridas politico-sordides sur le dos des gens qui voudraient bien vivre paisiblement.

Qui nous fera une étude sur la hausse du nombre de voitures incendiées le soir du réveillon du jour de l’an ? (Le Canard Enchaîné en a ébauché une très intéressante dans un de ses derniers N°.)

Mais ne nous leurrons pas ! Tout cela est savamment orchestré.
Comme il n’y a pas plus aimés que les parents d’un enfant battu, il n’y a pas plus fidèle électeur qu’un électeur qui a peur.

Parce que les médias ne manquent pas à l’appel.
Voyez avec quelle application, ils filment le chiffon rouge. Du grand journalisme !!
Si on parlait de Julien Coupat !!? Non, on change de sujet, et puis les journalistes n’en parlent plus. Alors, c’est qu’il n’y a plus rien à voir...

Parlons quand même des journalistes.
Quelques aventuriers de la profession ont récemment risqué de lister les médias dépendant de grands groupe qui, eux-mêmes, ne sauraient rien refuser au Résident de la République. La liste est longue.
Et n’oublions pas que désormais, en sus de ses accointances avec le privé, notre cher Omnipotent s’est attribué le privilège de nommer les présidents de chaines du service public.

A quoi bon évoquer la confusion d’intérêts qui pourrait – si elle existait ! - former un nœud fort douloureux pour la conscience et le ventre de nos amis journalistes.
Vous savez « confusion d’intérêt », ce péché terrible qui aurait entraîné, sinon le suicide, au moins la démission de leur ancêtres journalistes du début du siècle dernier s’ils avaient eu le malheur d’en être seulement accusés. O Tempora, O Mores !!

Ainsi Arlette Chabot s’est défendue des accusations indignes de Vincent Peillon.
« Le grand spectacle était organisé par Madame Chabot pour faire de l’audimat. » Non !

De méchants collègues posent des questions :
« Reste à savoir pourquoi diable la Madame Loyal de ce petit cirque médiatique a-t-elle tenu à offrir ces deux heures de réhabilitation au « très très contesté », comme elle le présentait, Eric Besson ? »
« A-t-elle voulu s’attirer les faveurs du Château en organisant un « A vous de juger » en forme de sauvetage médiatique du chouchou de l'Elysée ? »
Non ! Personne ne pourra le croire.

Pourtant tout s’est parfaitement déroulé pour Eric Besson. Jusqu’au bout !
Jusqu’à la désannonce de l’émission. Emission dont le climax, rappelons-le devait être le débat avec Marine Le Pen.

Arlette désannonce donc ; le réalisateur cadre en vue plongeante, comme on le fait parfois en fin d’émission, la totalité du plateau. Agora impressionnante et cette libération du regard est attirée immanquablement par l’immense écran qui domine le public. Affiché en 10 par 15, on découvre plein écran, le titre d’un article du Monde sorti le jour même (comme par hasard) : « L’adhésion des Français aux idées du FN est en recul »

Fin de A vous de Juger - Vue Plateau

La convergence des médias. C’est une des clés d’une propagande réussie. Besson, Chabot et consorts le savent. Mais c’est certain, ils le savent chacun de leur côté, assurément.
Et puis Mme Chabot ne s’est sûrement jamais dit que si Eric B. était en deçà face à la Madame du FN, il valait mieux assurer ses arrières. Non sûrement pas.
Et bien sûr, pour ce petit monde, Mr Peillon est un mythomane paranoïaque définitif.

Mais à la fin des fins, de cette soirée à la gloire du non dit, il aura été le champion.

dimanche, octobre 12 2008

Nous avons donné l’argent aux barbares

1- L’argent ne fait pas le bonheur. Nous nous consolions

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.
Nous autres, éloignés des sphères rutilantes de monnaies, pèquenots de la finance, exilés aux confins des champs de labeurs, nous nous consolions en imaginant qu’il fallait certainement avoir une tranche de cœur en moins pour s’agiter dans la foire d’empoigne des corbeilles boursières, qu’il fallait ne pas être totalement humain pour s’enterrer vivant hypnotisés par des écrans dégoulinants de chiffres, qu’il fallait à coup sûr ne pas être capable de bonheur pour transférer d’un clic ce qui aurait fait celui de millions d’entre nous.
L’argent ne fait pas le bonheur. Nous nous consolions.
Les barbares nous avaient pris notre argent. C’était ainsi.

Le monde tournait sous le joug de ces aristocrates des cours de bourse.
Leur noblesse avait été acquise sans rien devoir au marais démocratique, décernée à l’intérieur des châteaux de la finance dont la puissance s’appréciait à mesure que leurs murs s’opacifiaient.
Dans ces galeries financières, nos économies leur servaient de parures, nos emprunts, à poudrer leurs perruques.

Il ne leur était point nécessaire de nous imposer travail, impôt ou esclavage. Non. Rien ne nous était imposé directement par leurs jeux. En apparence. D’autres s’en chargeaient.

2- Croisière en Océan Bénéfique

Le contrat de départ : a minima, conserver notre argent ; au mieux, le faire fructifier. C’était l’époque de la banque à papa.
A la fin de chaque exercice, on comptait les sous en monnaie sonnante et trébuchante.
Pas de surprise. L’argent, c’était du travail.

On pouvait faire mieux. Avec la comptabilité analytique, on fouillait les moyens de la performance. L’argent, c’était du travail et de l’intelligence.

Mais cela ne suffit bientôt plus. Les contrôleurs de gestions montaient des budgets. Les budgets devinrent objectifs. Les objectifs, des promesses non négociables, et on finit par investir les gains promis comme s’ils étaient acquis.
Le pas était franchit. On convoqua des experts en boule de cristal.
On instaura la grande foire au pari sur l’avenir.

La monnaie avait beau sonner et trébucher, les bruits bien réels du travail suant et dérangeant valaient désormais bien moins que le crépitement silencieux des plus-values inondant les téléprompteurs, envahissant les esprits cupides comme un séduisant chant de sirènes qui s’élève au-delà des horizons, à coup sûr plus prometteurs, au dessus de l’Océan Bénéfique.

Les bookmakers de la bourse réussirent à convaincre tout le monde de la réalité de ce mirage. Une crédulité mondiale devenue réalité pour les organisateurs du système.
Une religion était née.
Chacun crut que la finance faisait partie de l’essence naturelle de l’ordre mondial, comme le temps est une dimension impalpable, immatérielle de l’univers.
Une horloge inexorable, que rien ne pouvait arrêter sauf à contester les règles cosmiques.
Et les croyants se rassemblèrent, cravatés et costumés pour célébrer l’avènement de la spéculation financière. Les disciples prenaient chaire universitaire, éditaient livres évangélistes, prophétisaient par médias consentants.

Ainsi, la finance, pour notre bien, avait fait main basse sur les banques, avait optimisé nos sociétés d’assurances, gérait nos caisses de santé et de retraite, nos fonds d’épargne, administrait tout lieu où l’argent pouvait s’amasser.
La finance était l’animal symbiotique vivant au cœur de nos coffres forts.

Tout l’argent du monde s’est trouvé peu à peu accaparé pour irriguer un flux erratique d’échanges n’ayant bientôt comme objet principal que celui d’enrichir les intermédiaires.
Quelle part de cet argent « redescendait » de cette spirale pour servir effectivement son dépositaire d’origine ?
Quelle part servait aux remboursements des assurés, aux retraites ou aux soins des mutualistes ou à rémunérer l’épargnant… ?
Les banques de dépôt, elles-mêmes, rognaient dangereusement sur le pourcentage de liquidités dont elles devaient garantir la disponibilité.

3- Salauds d’pauvres !

Non content d’utiliser l’argent des riches, des bourgeois, des classes moyennes… à moment donné, il fallut s’intéresser à l’argent des pauvres. Le nombre devait faire jackpot.
On s’aperçut que le pauvre remboursait bien. Bien mieux que les un-peu-plus-riches.
On s’aperçut plus récemment que le pauvre, mis dans l’incapacité de payer, pouvait être plus rentable encore. Pour s’assurer de sa faillite, on inventa le prêt à taux variable. On prête à 1% et, 5 ans plus tard, il rembourse à 6% !!
Ainsi nos Diafoirus pouvaient imposer leurs remèdes : la saignée. Et leurs médecines adaptées : pénalités, allongement de crédit, étalement de dette. Le pauvre paierait toute sa vie… captif, pressé jusqu’à ce que mort s’en suive.
Exactement comme on le fit avec les pays africains qui remboursèrent et remboursent encore 5, 6 fois leur dette. On augmente les taux unilatéralement ; aucun risque : ces gens là n’ont pas le sou pour payer en plus des avocats.

Pourquoi changer tout ça ? La finance possède tout l’argent du monde.
Il suffisait de saupoudrer là où certains prétendraient se défendre. On parle alors investissement, plan de redressement. FMI et Banque mondiale à la manœuvre n’oublieront pas de faire la morale aux quelques nécessiteux qui se sont mis dans la piètre situation de demander l’aumône.
A ceux là, la contrepartie sera faite de quelques efforts réputés incompatibles avec une quelconque rentabilité. ‘manquerait plus qu’ils s’en tirent et qu’il deviennent autosuffisants. Pas question !!!

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.

Mais il faut se méfier de ceux qui n’ont rien à perdre.
Les pauvres ont cessé de payer. Les pauvres sont à la rue. Les pauvres crèveront cet hiver. Ils ne régleront pas leurs dettes. La misère les a « sauvés » de l’engrenage.
Maintenant la misère comme une gangrène remonte le long des bras armés. Négociants en crédits, agences immobilières, petites banques de crédit… A quel niveau va-t-on amputer !!!? Les métastases sont nombreuses. Elles sont partout. Remontées trop haut.

4- Payback ! Et mettre le monde à genoux s’il le faut

Mais où est donc passé tout l’argent du monde ?
Il est toujours là dans les coffres. Personne ne l’a perdu de vue.
La seule chose qui ait disparu ce sont les plans sur la comète. Mais chaque dette était créditée virtuellement. Déjà mise sous cadre.
La solution ? Effacer ces quelques lignes de compte, remettre les compteurs à zéro. Lâcher prise.
Permettre aux « endettés » de rentrer chez eux et remettre le remboursement à plus tard.
Mieux ! Donner les milliards à ces nouveaux pauvres qui les auraient utiliser pour payer leur maison, qui, de fait, aurait contractés une dette auprès de l’état, cet état qui les aurait « sauvés ».
Pensez-vous ! Pour les barbares de la finance, pas question de lâcher une créance même si c’est un tiers qui la paye.
Pour eux, il vaut mieux voir des milliers de personnes à la rue, multiplier les maisons vides, sans plus aucun acheteur potentiel, voir leur propre marché s’écrouler plutôt que de laisser quiconque jouir d’un bien gratuitement… ou plutôt de voir proroger à taux 0% sa dette.
Non, le temps, c’est de l’argent. Et le gratuit est Satan !

La Finance est une religion dont le 1er commandement est « tu ne donneras point » ;
le 2° : « Ce qui est pris est pris » ;
le 3ème : « l’argent de ton voisin, tu convoiteras ».

C’est dans leur structure mentale. Dès lors qu’une dette est inscrite dans leur livre de compte. Les intérêts (à venir) existent tout autant que le bien lui-même !
Plus absurde encore ! On sait maintenant que le bien ne vaut plus rien dès lors que la dette afférente n’est pas honorée. Ainsi, cette dévotion aveugle pour l’argent virtuel (les intérêts d’emprunt) mit à bas les Temples de l’Hypothèque.
Le bien est accessoire, c’est un simple support qui permet la rente.

Mais les barbares de la finance, tels des fanatiques religieux n’en démordront pas : cet argent existe toujours puisqu’il est inscrit dans les livres de compte, leurs Saintes Ecritures.
Renier l’existence de cet argent, c’est renier leur propre existence.
Alors il faut le récupérer. Coûte que coûte. Mettre le monde à genoux s’il le faut.
Il leur faut tout l’argent du monde PLUS l’argent dont ils ont rêvé.

5- Les larmes des gosses de riches

Et cet argent rêvé, c’est celui que nous leur offrons actuellement. A coup de lignes de crédit sorties de la planche à billet. De l’argent que nous devrons, nous, rembourser pour les années à venir.

Mais, après tout, aujourd’hui, les niveaux de bourses moyens sont ceux que l’on pouvait constater en 1998. Il leur reste donc tout l’argent du monde dont ils disposaient il y a 10 ans.
Mais ceux là ne supportent pas de revenir 10 ans en arrière.
Une famille dont la maison a brûlé et qui ne sera pas indemnisée, un chômeur dont le monde s’écroule pour 15% de rendement par action, un irakien dont la famille est décimée sous les bombes avides de pétrodollars, une africaine dont l’enfant meurt de faim, ceux là peuvent se voir plongés dans la misère pour le restant de leurs jours mais un homme de l’aristocratie financière ne peut envisager de ne pas voir remonter la pente d’un graphique boursier.
Non, l’épreuve serait trop insurmontable comme pour un adolescent à qui on a confisqué sa collection de disques et ses posters.

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent. Mais ils en ont égarés un peu.

Alors cédons à leur caprice. Repayons-leur le jouet qu’ils ont cassé.
Et qu’ils sèchent leurs larmes de gosses de riches.

Voilà, tout va mieux. Le voilà l’argent que vous n’aviez pas vraiment gagné mais qui vous tient tant à cœur. L’argent des pauvres, ceux que vous avez définitivement ruinés et qui crèveront à Noël, dans la rue, dans le froid, sous les néons clignotants.

6- Ni coupables, ni responsables de rien

D’ailleurs à peine reçu, cet argent retrouvé leur brûle les doigts. Alors comme des drogués compulsifs les voilà à remplir leurs seringues.

Regardons-les, ces cadres dirigeants d’AIG avec leurs « courtiers indépendants » se vautrant dans un palace balnéaire de Californie pour 440 000$ dont 23 000 pour des prestations de massages et autres relaxations biens méritées. Ceux-là avaient reçu, une semaine auparavant, 85 Milliards de $ pour être renfloués et toucheront bientôt 37,5 autres Milliards de mieux.

Voyons aussi ceux-là, de la société Fortis qui viennent de se payer pour 50 personnes, dans le restaurant le plus cher de Monaco, un repas à 150 000€. 3000€ par convive, quel délice !!

D’autres aussi, prêts à se jeter de nouveau dans l’enivrante course au gain par n’importe quel moyen : "Un taux de 5,2% en toute sécurité", titrait la banque néerlandaise ABN Amro, quelques jours après son sauvetage par l'Etat. Le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos, n'a guère apprécié cette publicité, regrettant que la banque, dont le sort était des plus incertains quelques jours auparavant, se livre ainsi à une "concurrence déloyale".

Réjouissons-nous de voir tous ces honorables aristocrates financiers reprendre goût à la vie.
Bien peu leur aura suffit : notre endettement irrépressible pour des siècles et des siècles ; la misère et la mort pour beaucoup.

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.
Aujourd’hui, nous le savons, il faudra vivre encore avec et il sera difficile de s’en faire une raison : nous avons DONNER notre argent aux barbares.

Ainsi nous avons absous ces sanguinaires aux mains propres. Ni coupables, ni responsables de rien.

L’assèchement de l’argent disponible pour nos achats quotidiens, le chantage au chômage, la hausse des matières premières, la hausse des impôts, l’asphyxie des plus pauvres, les guerres induites par les pénuries, les catastrophes écologiques, les famines…
La finance n’est responsable de rien.
Elle est au-delà du pouvoir. Elle est, paraît-il, l’air que l’on respire.
Elle est comme Dieu ; rappelez-vous, Celui qui permet tant de malheurs. Et comme pour Lui, il restera toujours suffisamment de croyants pour que cette funeste liturgie perdure.

La finance ne veut rien à voir avec nous.
La finance n’a nullement besoin de se plier aux arbitrages démocratiques.
Sauf à constater que, dans ses antichambres, rôdent nos élus complices.

7- Le compte n’y est pas

La coupe est-elle pleine ? L’avenir nous le dira… bientôt.

On nous dit : Rachat des « créances pourries ». Serons-nous les nouveaux pompiers du World Trade Center, destinés à être engloutis dans les décombres ?
On nous dit : Nationalisation des banques. Mais si c’est pour les gérer de la même façon, l’intérêt est limité.
En matière de contrepartie, le compte n’y est pas.
On nous dit : Interdiction des ventes à termes et des spéculations à la baisse. C’est la moindre des choses. Mais toute promesse n’engage que ceux qui la croient.

Encore un petit effort :
- Cesser de jouer au poker menteur entre les budgets de fonctionnement et les budgets d’investissement.
- Que toute ligne de compte soit consolidée et qu’elle cesse de n’être que du papier.
- Remettre à plat l’évaluation de tous les actifs.
- Pénaliser l’émission de bilans fantaisistes.
- Rendre illégaux les paradis fiscaux.
- Supprimer toutes les niches fiscales quitte à en recréer au gré des nécessités et de façon toujours provisoire.
- Débusquer la rente inique.

La rançon de la transparence, sera juste la rédemption de la valeur travail.

Mais au-delà de toute chose, nationalisée ou pas, apurée, limpide, la seule planche de salut pour une bonne gestion future passera par une juste répartition des richesses de ce monde.
Mais tout cela n’est qu’utopie, une nouvelle religion ridicule, une ineptie d’un autre monde.

Pourtant, sachant que le crime existera toujours, beaucoup « d’énergumènes » s’échinent, à longueur de vie, à le combattre ; sachant que les maladies existeront toujours, beaucoup « d’utopistes » réussissent à en faire reculer certaines.
Alors, si tant de barbares financiers sont parvenus à vivre d’un argent virtuel pendant tant d’années, pourquoi quelques divisions de gens de bonne volonté n’arriveraient pas agencer une plus juste répartition des richesses ?

C’est, hélas, sans compter avec ceux qui rôdent dans les antichambres…