La Gaude Démocrate

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Tag - Libéralisme

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samedi, janvier 28 2012

Le choix du pauvre

Vous avez dû vous rendre compte que j'ai récemment modifié l'aspect de mon blog.
Je voudrais profiter de ce début de campagne présidentielle pour préciser mes positions avec la légitime ambition de les éprouver au grand jour.
S'exprimer, c'est regarder en soi-même et risquer au mieux le partage, au pire la critique contradictoire.

Ces jours-ci, c'est au tour de Hollande d'exposer ses thèses. Viendront celles de Sarkozy après que l'on a écouté celles de Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et M. Le Pen.



A la suite de ces années de gabegie du monde de la finance, je me suis rendu à l'évidence que l'ordre mondial dans lequel les ultralibéraux nous ont entraînés n'est plus viable. Plus viable pour les 99% d'humains placés sous le joug de ce 1% d'aristocrates de la planète.
Il ne s'agit pas là de théorie du complot, ni de l'amertume d'un pauvre d'entre les pauvres.
Bien sûr les indonésiens, les chinois, les indiens, les brésiliens vivent mieux qu'avant. D'autres progrès de condition de vie sont à espérer ici ou là. Mais on ne peut se satisfaire de ces développements favorables quand on les ramène à l'évident défaut de répartition dont souffre l'extrême expansion de la richesse mondiale.
La vérité est que quelques peuples ont eu la chance de s'être trouver sous la queue de la comète et d'avoir pu bénéficier des retombées de miettes qui s'en échappe.
La vérité est que les aristocrates financiers ont dû donner le change pour que perdure leur pouvoir toujours croissant, démesurément croissant. Comme le faisaient les monarques féodaux.

Boutique Chinoise à JFK Aéroport de New York
Le problème, c'est que l'injustice commence à se voir un peu trop.
Le problème, c'est que les monarques en veulent toujours plus et qu'ils ont perdu le sens de la mesure.

Alors oui, je cautionne les "indignés" et je crois qu'au-delà de l'indignation, des actes émergeront d'une façon ou d'une autre.
J'entends désormais avec plus d'acuité que je ne le faisais jusque là, (pourtant je l'ai toujours aimé) le mot de "Révolution".

De tout temps, au sein de la tribu, des provinces, des royaumes, des nations, il y a eu des dominants qui raflaient à leur seul profit le produit des efforts de la communauté. Et de tout temps, ils furent destitués dès lors qu'ils dépassaient les bornes.
Constater cela est bien banal, et ne parler que du retour nécessaire à la "bonne mesure" quand d'autres parlent de révolution peut paraître bien mièvre. Pourtant il s'agit bien de cela : de bornes dépassées. De ce diagnostic simplissime et suffisant émerge toujours la révolution.
Ainsi peu à peu, comme un symptôme, des mots aussi ringardisés que "partage", "solidarité", "répartition", "redistribution" reprennent la résonnance qu'ils n'auraient jamais dû perdre.

En ce temps où les monarques aussi se sont mondialisés, éparpillés en réseaux invisibles, sans château à assiéger, sans troupe à combattre même à main nue, les verrous paraissent inexpugnables. Pourtant, comme à chaque fois, le premier rempart qui s'élève face à l'outrance et l'avidité des puissants, c'est l'honneur de l'opprimé. Et puis monte la colère.

L'effroyable arrogance des "messagers" de la finance ne cesse de l'exacerber. J'ai nommé les banquiers, les grands patrons, les analystes financiers, les politiciens de la pensée unique, les économistes libéraux et leurs journalistes inféodés.

"Baissons les dépenses publiques, baissons les salaires", "les riches et leur quelque argent ne peuvent être une variable d'ajustement", "nul salut, hors de l'austérité."

Par contre, sous leur autorité, la baisse des salaires a toujours été considérée comme la variable d'ajustement idéale. Quelle importance ! 100 ou 200€ de moins quand on a déjà si peu !?
Par contre, sous leur autorité, la baisse des dépenses publiques jusqu'à la corde sera toujours préférable à la remise en cause des 40 Mds versés chaque année aux quelques milliers d'actionnaires pompant sans vergogne une économie française déjà exsangue. Pour ceux-là nulle cure d'austérité n'est envisageable, pour ceux-là aucun effort de solidarité – cette incongruité- ne pourrait leur être imposé, pour ceux-là rien ne justifierait de surseoir à la construction d'une nouvelle piscine, au renouvellement de leur Audi Sport ou à l'achat d'un chalet supplémentaire à Megève.

Tout cela n'est pas de l'amertume mal placée comme ne l'est pas moins leur argent.
Leur constance dans la cupidité est tout bonnement inconcevable et l'aveuglement de leurs "messagers" ne l'est pas moins.

6 Mds de paquet fiscal redistribués à quelques milliers de nantis chaque année, ce qui après division dûment effectuée représente une moyenne de quelques 300 000€ remboursés par tête de pipe de la caste des très riches par le trésor public, chaque année, avec l'argent de notre travail et avec l'argent de notre dette. Pour eux, tout cela est bien normal. Nous sommes, paraît-il, en période de crise, chacun doit se serrer la ceinture… mais cette situation, tout au plus désolante, ne les concerne pas. Ils sont au-dessus du lot. Ce sont les Aristocrates.

Ces jours-ci, - pour ne pas rester uniquement franco-français -, nous parviennent des nouvelles de Grèce. On y apprend que désormais, outre les fermetures des commerces, des entreprises, les baisses de salaires et des pensions, l'exode de ceux qui le peuvent, le désespoir des déclassés jetés à la rue, réduits à la mendicité, les suicides de plus en plus nombreux de gens qui comme nous n'avaient pas été préparés à la pauvreté, outre cette descente aux enfers, nous apprenons que les gens se battent pour quelques légumes pollués au chrome distribués en plein centre d'Athènes, nous apprenons que les gens ont faim et que les enfants grecs grappillent partout où ils le peuvent de quoi manger, quand ils le trouvent, s'ils le trouvent.

Alors non, tout cela n'est pas de l'amertume mal placée.
En Europe, de plus en plus de citoyens portent et porteront des haillons, se déplaceront nu-pieds, ne pourront se laver, ne se chaufferont pas, inaugureront le repas quotidien unique… Ne se raseront plus, n'iront plus au spectacle, n'achèteront plus de glace au bord de la plage… Les commerçants ne vendront plus. Finis les achats de fringues, de bijoux, le coiffeur et l'esthéticienne, fini le resto en famille le dimanche midi, l'abonnement à la salle de sport… Les gens resteront chez eux à repriser leur chemise devant leur télé, mobiliseront leur dernière économie pour acheter le scooter qui les affranchira du parcmètre et de la pompe à essence gloutonne… Le commerce s'arrêtera comme l'arrêt du Gulf-Stream réfrigérera l'Europe.
La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, les provinces anglaises, l'Irlande… La pauvreté est en marche mais tous les soirs à la télé, nos politiciens à cravate bleue viennent nous dire avec aplomb qu'elle s'arrêtera aux frontières françaises comme le nuage de Tchernobyl.
Pourtant aujourd'hui, malgré eux, "Révolte" n'est plus un gros mot.



Revenons aux présidentielles et au choix qui nous est proposé.
D'abord, a-t-on seulement le choix ?

Hollande vient de parler. Il débattra bientôt avec Sarkozy.
Bonnet blanc et blanc bonnet ? Malheureusement oui, car dans les grandes lignes macro économiques, ils se réfèrent au même système. Les mêmes caisses vides, la même monnaie, la même dette, la même Europe, le même ordre monétaire mondialisé, et aucune marge de manœuvre.
D'un côté, nous avons Sarkozy, le célèbre VRP des classes d'argent.
De l'autre, Hollande qui, sauf énorme surprise, jouera pour le même camp libéral.
Même si ses "clients" (commanditaires) ne sont pas tout à fait les mêmes (va savoir ?), on sait que les différences se développeront à la marge.
La marge. Voilà tout ce qui nous reste pour faire notre choix.
Et qu'y a-t-il dans cette marge ? L'espoir que Hollande et son gouvernement arrondissent les angles de l'injustice fiscale et sociale que nous subissons clairement depuis des années.
Ainsi dans l'hypothèse d'un second tour Hollande - Sarkozy, à tout prendre, entre les deux favoris des sondages, pour moi ce sera malgré tout Hollande… Ce sera Hollande, par défaut.

Voilà ce que l'on propose aux français : le choix du pauvre qui, comme toujours votera par dépit, avec fatalisme.

Au moment où la révolte est devenue nécessaire, qu'elle est chevillée au corps de la plupart de nos compatriotes, que le bon sens l'appelle, voilà le pauvre choix qui nous est proposé… imposé.
Et par un ressort machiavélique, Sarko est devenu un tel épouvantail épouvantable que la peur de le voir revenir va pousser les français au funeste Vote Utile dès le 1er tour.



Néanmoins, au premier tour, je tenterai un vote "dissident". Il n'est pas encore défini. Même si je garde mon affection pour des gens sincères et de bonne volonté comme Bayrou et Corinne Lepage, aujourd'hui mes inclinaisons vont vers Mélenchon, en premier choix, et Dupont Aignan, en second choix.

Ces deux là ont de la ressource. Ils sont lucides face aux enjeux et, paradoxalement, a contrario du jugement narquois des "observateurs", ont une vision bien plus mondiale que les hérauts des sondages. Ils se débattent dans des perspectives bien plus lourdes de conséquences que le maintien à tout prix du système féodal dans lequel nous sombrons. Les risques, que leurs convictions décrivent, sont bien plus en prise avec la réalité que ne le sont les thèses de nos énarques engoncés dans le moule idéologique de la croissance infinie des économies.
Alors je tenterai un vote "dissident", vers une autre voie.

Hollande et "l'autre" osent, dans un dernier artifice, nous parler de sang et de larmes pour maintenir quelques mois encore, sous nos têtes endormies, le mol oreiller d'une société de consommation à bout de souffle. Pourtant, ce faisant, la couleur est annoncée : du sang et des larmes. Et malgré cet augure terrible, la masse populaire semble se préparer à voter pour le maintien du système.

Bon sang, si véritablement le sang et les larmes doivent couler au moins que cela serve à renverser la table ! Que tout ce malheur ne soit pas vain !
Il faut donc croire que le troupeau docile se satisfait encore du peu de paille qu'il trouve en sa bergerie, et tant que les ventres seront pleins, il ne regardera pas d'où vient la paille.
Grand bien lui fasse même si le renouvellement du fourrage est assuré par les loups.
Tout le monde sait que ça ne durera pas. Les loups sont aux portes des villes. Beaucoup ont déjà sonné l'alarme. A la suite de quelques intellectuels, économistes "alternatifs" et autres libres penseurs, les Mélenchon, Montebourg, Dupont Aignan, M. Le Pen (à sa façon) s'en font les porte-voix mais à quoi bon crier avant d'avoir mal. Les français, il faut le croire, n'ont pas encore mal… pas suffisamment, mais ça viendra, hélas.

Hollande et "l'autre" le savent aussi. Mais pour eux rien ne doit changer. Pas encore.
Alors en les écoutant, nous vivrons encore notre vie de ramasseurs de miettes, sans honneur et sans fierté. En les écoutant, l'avenir restera bouché et la spirale dans laquelle nous aspirent les insatiables cols blancs de la Finance ne cessera de creuser notre malheur. Nous le savons, mais rien ne doit changer. Pas encore.

Alors bientôt il faudra nous rendre à l'évidence : Ensembles, nous n'aurons rien construit. Le capitalisme continuera d'engraisser les mêmes nantis et nous aurons oublié ce que voulaient dire "partage", "solidarité", "répartition", "redistribution". Nos enfants riront, s'ils le peuvent encore, des rêves communards, des droits acquis, des hippies qui faisaient l'amour, des services publics, des restos du cœur, de la croix rouge, des morts pour la France.

Ensembles, nous aurons laissé tout se déconstruire.
Nos enfants riront… peut-être.

lundi, septembre 21 2009

Taxe Carbone contre Fiscalité Ecologique ou l’impôt écologique à contre emploi

Voilà, nous y sommes. La révolution écologique est en marche !!
Le combat écologiste a changé d’objet : On ne parle plus du pourquoi, mais du comment. Un grand pas ! Pour preuve, on nous présente la Taxe Carbone.
Quelle jubilation chez les acteurs publics en tout genre : journalistes, chroniqueurs, experts, sondeurs, spécialistes et politiques. Les micros sont grands ouverts.
Les Diafoirus de tout poil, en conciliabule, s’interrogent : Comment administrer la ponction ? A quel niveau introduire le cathéter ? A quelle profondeur ? Et comme d’habitude, le patient n’est sollicité que pour avis… Mais la pilule, il avalera.

Pourtant en chemin, tous paraissent avoir oublier le pourquoi.
Tous, même les théoriciens de la Fiscalité écologique.
Cette belle vision s’est peu à peu transformée en Contribution Climat Energie (CCE) pour atterrir, sèche comme une loi de finance, dans nos journaux quotidiens sous forme de Taxe Carbone.

La Taxe Carbone ou comment une belle idée peut-être réduite et phagocytée par l’appétit libéral

Rappelons-nous. Au départ, il s’agissait de renverser la logique de notre fiscalité : lever l’impôt sur la consommation de ressources naturelles EN LIEU ET PLACE de l’imposition du travail par le critère du revenu.

Voici un extrait du site de la Fondation Hulot : http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actions/nos-propositions-et-positions/nos-propositions/fonder-les-regulations-sur-de-nouveaux-princi

« Basculer certaines régulations pour qu’au lieu de peser sur le travail, elles pèsent sur les consommations de ressources naturelles.

Quand notre système économique s’est construit, les ressources étaient perçues comme illimitées et le travail humain comme un facteur limitant. L’essentiel des règles encadrant les activités humaines s’est donc focalisé sur l’économie de main-d’oeuvre sans tenir compte des ressources naturelles utilisées. Cette logique s’est aujourd’hui inversée. La main-d’œuvre est abondante tandis que les ressources naturelles se raréfient. Il nous faut donc inverser la tendance. Nous proposons pour cela de basculer les régulations afin qu’au lieu de peser prioritairement sur le travail elles reposent d’abord sur les « consommations de nature ». La performance économique ne reposerait plus sur la destruction de la nature mais sur sa préservation. L’emploi serait, de plus, favorisé. »

Contre toute attente, ce Mr Hulot entre dans le débat quantitatif actuel autour de la Taxe Carbone en oubliant l’inspiration originelle de sa propre proposition !

Pourtant l’affaire paraissait entendue.
Pour y parvenir, on pouvait imaginer un transfert progressif vers cette nouvelle fiscalité.
Instaurer cette Contribution Climat Energie (CCE) dans un cadre de type fiscal et, pour qu’elle soit accueillie favorablement par les citoyens, diminuer d’un même ordre de grandeur l’impôt sur le revenu.

Aujourd’hui, on nous fait croire, mais c’est digne d’Ubu Roi, que la Taxe Carbone nous sera remboursée au centime près ! Mais alors à quoi bon ! Cela ne rime à rien.
Encore plus ridicule, dans ces conditions, de s’invectiver sur le montant de la tonne de CO2 !
Absurdes, les cris d’orfraie des tenants de la CCE qui veulent la voir plus conséquente !
Puisqu’on vous dit qu’elle nous sera remboursée au centime près ! Je veux bien payer 100€ la tonne si on me les rend !

Non, cette Taxe Carbone est bien une nouvelle taxe qui fera du vide dans notre portefeuille. Du vide de CO2 à n’en pas douter.
Les Diafoirus n’ont pas le grand style d’antan, mais ils parviennent aussi bien à leur fin.

Soyons clair. Il est tout à fait acceptable d’envisager un véritable transfert de fiscalité. Beaucoup d’entre nous seraient prêts à payer l’impôt sur son impact écologique. De nouvelles règles du jeu, de nouveaux critères dès lors qu’on abandonne les principes de l’impôt sur le revenu.
Un transfert fiscal à la satisfaction de tous :
Focus sur l’urgence écologique ET revalorisation des fruits de son travail (puisque exonéré d’imposition). Tout est là pour plaire à la fois aux écologistes ET aux libéraux.

Mais les libéraux font encore leur calcul… Ils hésitent… ou ils gagnent du temps pour préparer une nouvelle machinerie dont ils ont le secret afin de tirer profit de ce nouvel ordre. Mais ils y pensent.

En attendant, les argentiers n’ont pas perdu le nord. Pour l’instant, une taxe fera bien l’affaire.

On nous dira qu’ « il est déjà suffisamment compliqué de circonscrire l’application d’une Taxe Carbone… Alors un transfert de fiscalité ! C’est impossible ! »
Que nenni.
L’administration des impôts possède déjà toutes les informations suffisantes pour procéder à la mutation : Elle détient les fichiers qui nous servent à payer nos taxes habitation et foncières.
Ces fichiers permettent de recouper nos consommations de chauffage (nbre de m²), d’eau (nbre d’habitants ou nbre de points d’eau : SdB, WC, Eviers), d’électricité (nbre de pièces), d’entretien (m² de terrain), TV ou pas. Ascenseur ou pas.
Les fichiers de la Prévention routière : Nbre de voiture(s) et cylindrée.
Les fichiers de l’impôt sur le revenu qui leur permettront d’appliquer un ratio revenu / consommation pour intégrer notre capacité à polluer par les déchets domestiques.
Resterons à centraliser les informations sur l’Assainissement : tout à l’égout ou fosse septique. Et rapatrier les données récemment collectées aux cadastres sur l’isolation thermique et sur les piscines. Sans oublier la pesée nominative, dans les déchetteries. Ca a déjà commencé, j’en témoigne.

A n’en pas douter, un croisement d’informations jubilatoire pour tout technocrate passionné… Oui il y en a !
Et puis n’est-ce pas plus intrusif que notre dérisoire feuille d’impôt où ne figurent souvent que deux ou trois chiffres.
Et puisque Big Brother est déjà chez nous, il nous restera à répondre à une belle enquête sur le mode recensement : nombre de kilomètres entre domicile et travail ; si nous empruntons les transports en commun. Mais il y aura plus simple ! Le scellé fiscal sur notre compteur automobile. Chaque balade fera monter la facture et pas seulement celle de l’essence.

A propos de prix de l’essence, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix de produits de consommation, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix du chauffage, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix d’électricité, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos d’assainissement, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix de l’eau, ne sommes nous pas déjà taxés ?

Ca s’appelle la TVA (ou la TIPP pour les carburants).
Cet impôt indirect, réputé injuste car il taxe autant les bas et les hauts salaires.
Sauf que plus on consomme, plus on paye. Ainsi, plus on a de l’argent pour consommer, plus on paye. Plus précisément, plus on est riche, plus on paye… Ca se défend.

En fait, la fiscalité écologique, c’est un peu comme la TVA.
De la Taxe sur la Valeur Ajoutée, nous passons à la TVP, Taxe sur la Valeur Polluée.
Voyez ! Ce n’est pas si compliqué. On l’a déjà fait.
Comme Mr Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir.

Chers technocrates passionnés, chers argentiers, il ne vous reste qu’à mettre de l’ordre dans tout ça. Vos ordinateurs sont prêts, la fiscalité écologique n’est plus qu’à quelques clics.
Mais de grâce ! Oubliez l’impôt sur le revenu ! …Donnant-donnant.

dimanche, octobre 12 2008

Nous avons donné l’argent aux barbares

1- L’argent ne fait pas le bonheur. Nous nous consolions

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.
Nous autres, éloignés des sphères rutilantes de monnaies, pèquenots de la finance, exilés aux confins des champs de labeurs, nous nous consolions en imaginant qu’il fallait certainement avoir une tranche de cœur en moins pour s’agiter dans la foire d’empoigne des corbeilles boursières, qu’il fallait ne pas être totalement humain pour s’enterrer vivant hypnotisés par des écrans dégoulinants de chiffres, qu’il fallait à coup sûr ne pas être capable de bonheur pour transférer d’un clic ce qui aurait fait celui de millions d’entre nous.
L’argent ne fait pas le bonheur. Nous nous consolions.
Les barbares nous avaient pris notre argent. C’était ainsi.

Le monde tournait sous le joug de ces aristocrates des cours de bourse.
Leur noblesse avait été acquise sans rien devoir au marais démocratique, décernée à l’intérieur des châteaux de la finance dont la puissance s’appréciait à mesure que leurs murs s’opacifiaient.
Dans ces galeries financières, nos économies leur servaient de parures, nos emprunts, à poudrer leurs perruques.

Il ne leur était point nécessaire de nous imposer travail, impôt ou esclavage. Non. Rien ne nous était imposé directement par leurs jeux. En apparence. D’autres s’en chargeaient.

2- Croisière en Océan Bénéfique

Le contrat de départ : a minima, conserver notre argent ; au mieux, le faire fructifier. C’était l’époque de la banque à papa.
A la fin de chaque exercice, on comptait les sous en monnaie sonnante et trébuchante.
Pas de surprise. L’argent, c’était du travail.

On pouvait faire mieux. Avec la comptabilité analytique, on fouillait les moyens de la performance. L’argent, c’était du travail et de l’intelligence.

Mais cela ne suffit bientôt plus. Les contrôleurs de gestions montaient des budgets. Les budgets devinrent objectifs. Les objectifs, des promesses non négociables, et on finit par investir les gains promis comme s’ils étaient acquis.
Le pas était franchit. On convoqua des experts en boule de cristal.
On instaura la grande foire au pari sur l’avenir.

La monnaie avait beau sonner et trébucher, les bruits bien réels du travail suant et dérangeant valaient désormais bien moins que le crépitement silencieux des plus-values inondant les téléprompteurs, envahissant les esprits cupides comme un séduisant chant de sirènes qui s’élève au-delà des horizons, à coup sûr plus prometteurs, au dessus de l’Océan Bénéfique.

Les bookmakers de la bourse réussirent à convaincre tout le monde de la réalité de ce mirage. Une crédulité mondiale devenue réalité pour les organisateurs du système.
Une religion était née.
Chacun crut que la finance faisait partie de l’essence naturelle de l’ordre mondial, comme le temps est une dimension impalpable, immatérielle de l’univers.
Une horloge inexorable, que rien ne pouvait arrêter sauf à contester les règles cosmiques.
Et les croyants se rassemblèrent, cravatés et costumés pour célébrer l’avènement de la spéculation financière. Les disciples prenaient chaire universitaire, éditaient livres évangélistes, prophétisaient par médias consentants.

Ainsi, la finance, pour notre bien, avait fait main basse sur les banques, avait optimisé nos sociétés d’assurances, gérait nos caisses de santé et de retraite, nos fonds d’épargne, administrait tout lieu où l’argent pouvait s’amasser.
La finance était l’animal symbiotique vivant au cœur de nos coffres forts.

Tout l’argent du monde s’est trouvé peu à peu accaparé pour irriguer un flux erratique d’échanges n’ayant bientôt comme objet principal que celui d’enrichir les intermédiaires.
Quelle part de cet argent « redescendait » de cette spirale pour servir effectivement son dépositaire d’origine ?
Quelle part servait aux remboursements des assurés, aux retraites ou aux soins des mutualistes ou à rémunérer l’épargnant… ?
Les banques de dépôt, elles-mêmes, rognaient dangereusement sur le pourcentage de liquidités dont elles devaient garantir la disponibilité.

3- Salauds d’pauvres !

Non content d’utiliser l’argent des riches, des bourgeois, des classes moyennes… à moment donné, il fallut s’intéresser à l’argent des pauvres. Le nombre devait faire jackpot.
On s’aperçut que le pauvre remboursait bien. Bien mieux que les un-peu-plus-riches.
On s’aperçut plus récemment que le pauvre, mis dans l’incapacité de payer, pouvait être plus rentable encore. Pour s’assurer de sa faillite, on inventa le prêt à taux variable. On prête à 1% et, 5 ans plus tard, il rembourse à 6% !!
Ainsi nos Diafoirus pouvaient imposer leurs remèdes : la saignée. Et leurs médecines adaptées : pénalités, allongement de crédit, étalement de dette. Le pauvre paierait toute sa vie… captif, pressé jusqu’à ce que mort s’en suive.
Exactement comme on le fit avec les pays africains qui remboursèrent et remboursent encore 5, 6 fois leur dette. On augmente les taux unilatéralement ; aucun risque : ces gens là n’ont pas le sou pour payer en plus des avocats.

Pourquoi changer tout ça ? La finance possède tout l’argent du monde.
Il suffisait de saupoudrer là où certains prétendraient se défendre. On parle alors investissement, plan de redressement. FMI et Banque mondiale à la manœuvre n’oublieront pas de faire la morale aux quelques nécessiteux qui se sont mis dans la piètre situation de demander l’aumône.
A ceux là, la contrepartie sera faite de quelques efforts réputés incompatibles avec une quelconque rentabilité. ‘manquerait plus qu’ils s’en tirent et qu’il deviennent autosuffisants. Pas question !!!

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.

Mais il faut se méfier de ceux qui n’ont rien à perdre.
Les pauvres ont cessé de payer. Les pauvres sont à la rue. Les pauvres crèveront cet hiver. Ils ne régleront pas leurs dettes. La misère les a « sauvés » de l’engrenage.
Maintenant la misère comme une gangrène remonte le long des bras armés. Négociants en crédits, agences immobilières, petites banques de crédit… A quel niveau va-t-on amputer !!!? Les métastases sont nombreuses. Elles sont partout. Remontées trop haut.

4- Payback ! Et mettre le monde à genoux s’il le faut

Mais où est donc passé tout l’argent du monde ?
Il est toujours là dans les coffres. Personne ne l’a perdu de vue.
La seule chose qui ait disparu ce sont les plans sur la comète. Mais chaque dette était créditée virtuellement. Déjà mise sous cadre.
La solution ? Effacer ces quelques lignes de compte, remettre les compteurs à zéro. Lâcher prise.
Permettre aux « endettés » de rentrer chez eux et remettre le remboursement à plus tard.
Mieux ! Donner les milliards à ces nouveaux pauvres qui les auraient utiliser pour payer leur maison, qui, de fait, aurait contractés une dette auprès de l’état, cet état qui les aurait « sauvés ».
Pensez-vous ! Pour les barbares de la finance, pas question de lâcher une créance même si c’est un tiers qui la paye.
Pour eux, il vaut mieux voir des milliers de personnes à la rue, multiplier les maisons vides, sans plus aucun acheteur potentiel, voir leur propre marché s’écrouler plutôt que de laisser quiconque jouir d’un bien gratuitement… ou plutôt de voir proroger à taux 0% sa dette.
Non, le temps, c’est de l’argent. Et le gratuit est Satan !

La Finance est une religion dont le 1er commandement est « tu ne donneras point » ;
le 2° : « Ce qui est pris est pris » ;
le 3ème : « l’argent de ton voisin, tu convoiteras ».

C’est dans leur structure mentale. Dès lors qu’une dette est inscrite dans leur livre de compte. Les intérêts (à venir) existent tout autant que le bien lui-même !
Plus absurde encore ! On sait maintenant que le bien ne vaut plus rien dès lors que la dette afférente n’est pas honorée. Ainsi, cette dévotion aveugle pour l’argent virtuel (les intérêts d’emprunt) mit à bas les Temples de l’Hypothèque.
Le bien est accessoire, c’est un simple support qui permet la rente.

Mais les barbares de la finance, tels des fanatiques religieux n’en démordront pas : cet argent existe toujours puisqu’il est inscrit dans les livres de compte, leurs Saintes Ecritures.
Renier l’existence de cet argent, c’est renier leur propre existence.
Alors il faut le récupérer. Coûte que coûte. Mettre le monde à genoux s’il le faut.
Il leur faut tout l’argent du monde PLUS l’argent dont ils ont rêvé.

5- Les larmes des gosses de riches

Et cet argent rêvé, c’est celui que nous leur offrons actuellement. A coup de lignes de crédit sorties de la planche à billet. De l’argent que nous devrons, nous, rembourser pour les années à venir.

Mais, après tout, aujourd’hui, les niveaux de bourses moyens sont ceux que l’on pouvait constater en 1998. Il leur reste donc tout l’argent du monde dont ils disposaient il y a 10 ans.
Mais ceux là ne supportent pas de revenir 10 ans en arrière.
Une famille dont la maison a brûlé et qui ne sera pas indemnisée, un chômeur dont le monde s’écroule pour 15% de rendement par action, un irakien dont la famille est décimée sous les bombes avides de pétrodollars, une africaine dont l’enfant meurt de faim, ceux là peuvent se voir plongés dans la misère pour le restant de leurs jours mais un homme de l’aristocratie financière ne peut envisager de ne pas voir remonter la pente d’un graphique boursier.
Non, l’épreuve serait trop insurmontable comme pour un adolescent à qui on a confisqué sa collection de disques et ses posters.

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent. Mais ils en ont égarés un peu.

Alors cédons à leur caprice. Repayons-leur le jouet qu’ils ont cassé.
Et qu’ils sèchent leurs larmes de gosses de riches.

Voilà, tout va mieux. Le voilà l’argent que vous n’aviez pas vraiment gagné mais qui vous tient tant à cœur. L’argent des pauvres, ceux que vous avez définitivement ruinés et qui crèveront à Noël, dans la rue, dans le froid, sous les néons clignotants.

6- Ni coupables, ni responsables de rien

D’ailleurs à peine reçu, cet argent retrouvé leur brûle les doigts. Alors comme des drogués compulsifs les voilà à remplir leurs seringues.

Regardons-les, ces cadres dirigeants d’AIG avec leurs « courtiers indépendants » se vautrant dans un palace balnéaire de Californie pour 440 000$ dont 23 000 pour des prestations de massages et autres relaxations biens méritées. Ceux-là avaient reçu, une semaine auparavant, 85 Milliards de $ pour être renfloués et toucheront bientôt 37,5 autres Milliards de mieux.

Voyons aussi ceux-là, de la société Fortis qui viennent de se payer pour 50 personnes, dans le restaurant le plus cher de Monaco, un repas à 150 000€. 3000€ par convive, quel délice !!

D’autres aussi, prêts à se jeter de nouveau dans l’enivrante course au gain par n’importe quel moyen : "Un taux de 5,2% en toute sécurité", titrait la banque néerlandaise ABN Amro, quelques jours après son sauvetage par l'Etat. Le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos, n'a guère apprécié cette publicité, regrettant que la banque, dont le sort était des plus incertains quelques jours auparavant, se livre ainsi à une "concurrence déloyale".

Réjouissons-nous de voir tous ces honorables aristocrates financiers reprendre goût à la vie.
Bien peu leur aura suffit : notre endettement irrépressible pour des siècles et des siècles ; la misère et la mort pour beaucoup.

Nous le savions, nous le vivions ainsi, certains s’en étaient fait une raison : Les barbares nous avaient pris notre argent.
Aujourd’hui, nous le savons, il faudra vivre encore avec et il sera difficile de s’en faire une raison : nous avons DONNER notre argent aux barbares.

Ainsi nous avons absous ces sanguinaires aux mains propres. Ni coupables, ni responsables de rien.

L’assèchement de l’argent disponible pour nos achats quotidiens, le chantage au chômage, la hausse des matières premières, la hausse des impôts, l’asphyxie des plus pauvres, les guerres induites par les pénuries, les catastrophes écologiques, les famines…
La finance n’est responsable de rien.
Elle est au-delà du pouvoir. Elle est, paraît-il, l’air que l’on respire.
Elle est comme Dieu ; rappelez-vous, Celui qui permet tant de malheurs. Et comme pour Lui, il restera toujours suffisamment de croyants pour que cette funeste liturgie perdure.

La finance ne veut rien à voir avec nous.
La finance n’a nullement besoin de se plier aux arbitrages démocratiques.
Sauf à constater que, dans ses antichambres, rôdent nos élus complices.

7- Le compte n’y est pas

La coupe est-elle pleine ? L’avenir nous le dira… bientôt.

On nous dit : Rachat des « créances pourries ». Serons-nous les nouveaux pompiers du World Trade Center, destinés à être engloutis dans les décombres ?
On nous dit : Nationalisation des banques. Mais si c’est pour les gérer de la même façon, l’intérêt est limité.
En matière de contrepartie, le compte n’y est pas.
On nous dit : Interdiction des ventes à termes et des spéculations à la baisse. C’est la moindre des choses. Mais toute promesse n’engage que ceux qui la croient.

Encore un petit effort :
- Cesser de jouer au poker menteur entre les budgets de fonctionnement et les budgets d’investissement.
- Que toute ligne de compte soit consolidée et qu’elle cesse de n’être que du papier.
- Remettre à plat l’évaluation de tous les actifs.
- Pénaliser l’émission de bilans fantaisistes.
- Rendre illégaux les paradis fiscaux.
- Supprimer toutes les niches fiscales quitte à en recréer au gré des nécessités et de façon toujours provisoire.
- Débusquer la rente inique.

La rançon de la transparence, sera juste la rédemption de la valeur travail.

Mais au-delà de toute chose, nationalisée ou pas, apurée, limpide, la seule planche de salut pour une bonne gestion future passera par une juste répartition des richesses de ce monde.
Mais tout cela n’est qu’utopie, une nouvelle religion ridicule, une ineptie d’un autre monde.

Pourtant, sachant que le crime existera toujours, beaucoup « d’énergumènes » s’échinent, à longueur de vie, à le combattre ; sachant que les maladies existeront toujours, beaucoup « d’utopistes » réussissent à en faire reculer certaines.
Alors, si tant de barbares financiers sont parvenus à vivre d’un argent virtuel pendant tant d’années, pourquoi quelques divisions de gens de bonne volonté n’arriveraient pas agencer une plus juste répartition des richesses ?

C’est, hélas, sans compter avec ceux qui rôdent dans les antichambres…