La Gaude Démocrate

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lundi, janvier 18 2010

Besson, Chabot, Peillon, Le Pen... Chacun fait son couscous dans son coin.

L’émission de Jeudi sur France 2, « A vous de juger », fait le buzz partout dans les médias.
Le lapin posé par Vincent Peillon à Arlette Chabot, et par conséquent à Eric Besson, en est bien sûr la raison principale. Les motifs avancés par l’eurodéputé socialiste y sont largement exposés ainsi que la réaction de la journaliste.

La contestation de Vincent Peillon se fonde sur deux arguments :

Dans un premier temps, le soir de l’émission sur son blog, il campe sur un argumentaire politique :

« Parce que tout mon engagement politique et citoyen est fondé d’abord sur les valeurs de la République, de la raison et de l’antifascisme, j’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 et d’attirer solennellement l’attention de mes compatriotes sur les graves dérives que subit notre démocratie …/… Pour habiller le tout, on m’a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d’abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée. Et, comme on pouvait s’y attendre, on s’est déjà d’ailleurs copieusement servi de ma présence annoncée pour adresser une fin de non recevoir à des journalistes de France Télévision qui, pourtant avec raison, avaient demandé la déprogrammation de ce débat. »

Puis le lendemain, sur France Info, il insiste sur la perversion (supposée ;-)) du média :

« Je voulais que les consciences s’éveillent. Le grand spectacle était organisé par Madame Chabot pour faire de l’audimat. J’ouvre un débat sur les missions du service public de l'audiovisuel. Je veux que les gens s’en saisissent. Est-ce que le débat de cette rentrée, c’est l’identité nationale, est-ce qu’il faut en débattre avec Eric Besson et Marine Le Pen. Ce débat lancé par Eric Besson ne méritait pas d’être relayé sur une chaîne de service public. Il fallait que ce soit dit »(Verbatim relevé dans un article de Marianne2)

Cet épisode en dit long sur le dialogue de sourd qui s’instaure en France à l’occasion du débat sur l’identité nationale.

D’un côté, on a les tenants de ce débat qui font mine de ne toujours pas comprendre la maladresse initiale que fut la création d’un « ministère de l’identité nationale et de l’immigration ». Si c’était absolument nécessaire pour l’élu de 2007, n’était-il pas plus judicieux de l’appeler « ministère de l’intégration et de l’immigration ».
Et de l’autre, ceux qui se refusent à constater qu’il y a effectivement quelques « petites choses » à mettre au point dans la façon dont l’intégration s’opère dans le pays.

D’un côté, ceux qui trouvent intérêt à monter des composantes de la population les unes contre les autres, comme on remue le couteau dans la plaie – quitte à l’élargir.
De l’autre, ceux qui font mine de ne pas voir qu’un certain nombre de citoyens subissent l’épanchement de cette plaie, et préfèrent la recouvrir d’un voile pudique.

Les deux attitudes sont dommageables.
L’une met en exergue le malaise sans y apporter de solution ; bien au contraire. L’autre s’exerce à le nier avec entêtement.

Face à ces deux autismes, pour le coup la prestation de Marine Le Pen, pendant l’émission, fut la moins crispante.
Calée dans ses postures aux relents xénophobes, elle avait au moins le mérite de vouloir parler de faits concrets : les écoles de Grigny et ses 1400 élèves sans papiers, les chiffres de l’immigration qui n’évoluent pas, la rue Myrrha bloquée pour la prière du Vendredi, l’introduction de « façons » musulmanes dans la vie publique, la discrimination positive à l’embauche sur la base de l’appartenance ethnique, etc...

Que ces faits méritent qu’on s’alarme ou pas, il n’en est pas moins vrai qu’ils alimentent l’inquiétude des français ? A quoi sert de refuser d’en débattre ? Ils sont mis sur la table par le FN.
(Cet article du Post.fr s’exerce à séparer le bon grain de l’ivraie entre les arguments des deux débateurs.)
Mais comme d’habitude ce que le FN dit doit être refusé en bloc quitte à nier les quelques vérités qu’il avance parfois. Un autisme de plus.

Mais Mr Besson et ses alter egos socialistes ne sont pas sans savoir que ces faits, avérés ou pas, font aussi l’objet de nombreux échanges via les boites de messagerie des internautes.
Qui n’a pas reçu par voie de courriel des vidéos ou diaporamas faisant leur miel d’affaires comme le bannissement du porc dans les cantines ou l’affectation d’horaires spécifiques dans les piscines municipales pour femmes musulmanes.

Ces diffusions virales via internet ne cessent de s’amplifier. S’amalgament ainsi, dans un même faisceau, des informations vérifiables mais présentées de façon tendancieuses, des vidéos de pure raillerie (comme cette vidéo d’une boite de gays musulmans qui est, en fait, une vidéo d’un rituel remixé sur fond de musique Dancefloor) et de sinistres témoignages de la barbarie intégriste (comme la lapidation d’une jeune fille achevée à coup de parpaings par une troupe de barbus - Coeur sensible s'abstenir de cliquer).
Mr Besson, et les autres, savent ce qui se passe sur internet et connaissent la confusion que cela provoque dans les esprits.

Lancer ce débat sur l’identité nationale fut une erreur. Elle est maintenant consommée.
Il a abouti à la stigmatisation des musulmans de France.
En hommes politiques responsables, tous se doivent d’assumer maintenant cette dérive et de l’affronter sans fausse pudeur.
Le sujet est grave. Il en va désormais de la cohésion nationale.

Malgré cela, pour ne pas se désavouer, les agitateurs gouvernementaux et les « angélistes » d’en face continuent de nier ce qui est devenu plus qu’un malaise. Le racisme ordinaire s’épanche sans retenue et sans discernement.

Il n’y a rien de pire que le désarroi d’un malade à qui l’on dit qu’il ne l’est pas.
Pire que le non dit, pire que le silence, les politiques opposent un déni aux français qui se sentent de ce fait incompris, comme s’ils étaient pris au piège.
Quoi de plus propice pour amplifier encore cette impression de complot islamiste – puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Cessons de ne pas dire les mots.
Les français « souchiens » ( : de souche, dans le langage des banlieues) ET les français musulmans ont tout intérêt à ce que l’abcès soit percé.

Le débat sur l’identité nationale n’était pas souhaitable. Paradoxalement, aujourd’hui, c’est un débat sur l’Islam en France qu’il est urgent d’entreprendre. Tant que le déni sera la règle, les choses ne vont aller qu’en s’envenimant.

De temps en temps, des professeurs, des sociologues commettent un article de presse portant la contradiction à cette pression anti immigration, égrenant des statistiques démographique (vieillissement de la pyramide des âges) démontrant que la France a besoin de cette immigration si elle veut faire face à futurs défis économiques.
D’autres avancent que les aides sociales mobilisées pour cette population sont minimes par rapport à d’autres postes budgétaires comparables.
Enfin, nombres d’articles viennent épauler l’idée que la grande majorité des français musulmans, mais aussi les détenteurs de simples carte de séjour, se sont mieux intégrés que dans d’autres pays européens.

Que risquent les politiques en relayant ces questionnements ?

Au mieux, d’apaiser la population dans son ensemble en démontrant que les français musulmans sont, dans leur grande majorité, aussi sympathiques que ceux que l’on côtoie quotidiennement au boulot, aux guichets, à la sortie de l’école…
Au pire, ils afficheront leur résistance au prosélytisme islamiste qui semble, aux yeux de beaucoup, être une réelle menace pour la pérennisation de leur mode de vie, pour les traditions françaises - et toutes ces choses auxquels il est légitime de tenir sans être accusé de réactionnaire nationaliste.

Au lieu de prendre le sujet à bras le corps, les politiques, et Mrs Besson, Hortefeux et Sarkozy en particulier, préfèrent nous pondre des lois qui se voient coiffées par une autre et une autre avant que le moindre décret de la première ne soit même sorti, vu qu’elles ne correspondent à rien de ce qui se vit dans la vie réelle.

Ce week-end à Nice, Xavier Bertrand vient encore de nous pondre une intention de loi : « Une étrangère en burqa ne pourra pas être naturalisée ! ».
Encore une fois nous sommes entre deux positions extrêmes niant la réalité.

D’un côté, ceux qui s’opposent à une loi contre la burqa arguent qu’en pratique, on ne pourrait pas mettre d’amende à ces femmes dans la rue. Où ont-ils vu la difficulté de dresser un PV à quiconque ne respecterait pas une loi dans la rue ? Ca arrive tous les jours pour toute sorte de motifs. Qu’ils aient de bonnes raisons pour s’opposer à une loi contre la burqa, c’est leur droit (et le débat reste ouvert). Mais alors qu’ils utilisent des arguments de bonne foi.

Par contre, de l’autre côté, nous avons un homme politique qui se figure que ces femmes viendraient en mairie, vêtues de leur burqa, pour se voir refuser le titre de nationalité qu’elles auraient brigué après avoir franchi toutes les difficultés afférentes à une naturalisation !! Une telle déclaration relève tout simplement de la pure démagogie.

Burqa, casquettes à l’envers, voile, cagoules, couvre-feu pour les mineurs, … Comme ces professeurs en déficit d’autorité qui se voient, en fin d’année, courir après les boulettes de papier alors qu’on leur a jeté leur portable par la fenêtre.
C’est pitoyable.
Ces dossiers (burqa, casquettes, etc…) valent-ils leur pesant de remise en cause de l’ordre public ? C’est probable. Mais ceux qui les agitent ne sont pas moins responsables des troubles qu’ils jettent au milieu de la population.

Qui nous fera une étude sur la hausse des actes de délinquance après la déclaration du « Karcher » ?
Qui nous fera une étude sur l’augmentation du nombre de femmes portant la burqa depuis la médiatisation de la controverse dont cela fait l’objet ?

A provocation, provocation et demie. Nos grands intellos gouvernementaux le savent et en jouent.

Quand on a une marge de la société dont une des seules occupations est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin (jeu stupide de jeunes désœuvrés, démotivés et imbéciles), nous avons, en France, l’exceptionnelle gloire d’avoir une classe politique qui s’amuse à agiter le chiffon rouge par pur calcul politique (jeu stupide de vieux politicards, nantis et imbéciles).
Et ce, pour le plus grand plaisir des aficionados d’extrême droite, d’une part, et d’extrême islam, d’autre part.
Et tout ce petit monde semble s’accommoder très bien de ces corridas politico-sordides sur le dos des gens qui voudraient bien vivre paisiblement.

Qui nous fera une étude sur la hausse du nombre de voitures incendiées le soir du réveillon du jour de l’an ? (Le Canard Enchaîné en a ébauché une très intéressante dans un de ses derniers N°.)

Mais ne nous leurrons pas ! Tout cela est savamment orchestré.
Comme il n’y a pas plus aimés que les parents d’un enfant battu, il n’y a pas plus fidèle électeur qu’un électeur qui a peur.

Parce que les médias ne manquent pas à l’appel.
Voyez avec quelle application, ils filment le chiffon rouge. Du grand journalisme !!
Si on parlait de Julien Coupat !!? Non, on change de sujet, et puis les journalistes n’en parlent plus. Alors, c’est qu’il n’y a plus rien à voir...

Parlons quand même des journalistes.
Quelques aventuriers de la profession ont récemment risqué de lister les médias dépendant de grands groupe qui, eux-mêmes, ne sauraient rien refuser au Résident de la République. La liste est longue.
Et n’oublions pas que désormais, en sus de ses accointances avec le privé, notre cher Omnipotent s’est attribué le privilège de nommer les présidents de chaines du service public.

A quoi bon évoquer la confusion d’intérêts qui pourrait – si elle existait ! - former un nœud fort douloureux pour la conscience et le ventre de nos amis journalistes.
Vous savez « confusion d’intérêt », ce péché terrible qui aurait entraîné, sinon le suicide, au moins la démission de leur ancêtres journalistes du début du siècle dernier s’ils avaient eu le malheur d’en être seulement accusés. O Tempora, O Mores !!

Ainsi Arlette Chabot s’est défendue des accusations indignes de Vincent Peillon.
« Le grand spectacle était organisé par Madame Chabot pour faire de l’audimat. » Non !

De méchants collègues posent des questions :
« Reste à savoir pourquoi diable la Madame Loyal de ce petit cirque médiatique a-t-elle tenu à offrir ces deux heures de réhabilitation au « très très contesté », comme elle le présentait, Eric Besson ? »
« A-t-elle voulu s’attirer les faveurs du Château en organisant un « A vous de juger » en forme de sauvetage médiatique du chouchou de l'Elysée ? »
Non ! Personne ne pourra le croire.

Pourtant tout s’est parfaitement déroulé pour Eric Besson. Jusqu’au bout !
Jusqu’à la désannonce de l’émission. Emission dont le climax, rappelons-le devait être le débat avec Marine Le Pen.

Arlette désannonce donc ; le réalisateur cadre en vue plongeante, comme on le fait parfois en fin d’émission, la totalité du plateau. Agora impressionnante et cette libération du regard est attirée immanquablement par l’immense écran qui domine le public. Affiché en 10 par 15, on découvre plein écran, le titre d’un article du Monde sorti le jour même (comme par hasard) : « L’adhésion des Français aux idées du FN est en recul »

Fin de A vous de Juger - Vue Plateau

La convergence des médias. C’est une des clés d’une propagande réussie. Besson, Chabot et consorts le savent. Mais c’est certain, ils le savent chacun de leur côté, assurément.
Et puis Mme Chabot ne s’est sûrement jamais dit que si Eric B. était en deçà face à la Madame du FN, il valait mieux assurer ses arrières. Non sûrement pas.
Et bien sûr, pour ce petit monde, Mr Peillon est un mythomane paranoïaque définitif.

Mais à la fin des fins, de cette soirée à la gloire du non dit, il aura été le champion.

lundi, décembre 21 2009

Le « Chinatown » de Bab Ezzouar : Comme un miroir qui nous est tendu…

Ces derniers jours, un courriel « viral » tourne à nouveau sur la toile. Son titre : « C'est la meilleure ! De là-bas dit ! »
Encore un de ces courriels mâtinés de xénophobie comme il y en a tant. Et comme dans certaines saillies du Front National, on y trouve hélas l’écho d’un malaise dont on ne sait pas toujours s’il fait partie de son propre côté sombre ou si effectivement quelques éléments rationnels le confortent.

Dans ce courriel, il s’agit d’une affaire qui s’est déroulée cet été, dans une ville de la Banlieue Est d’Alger. Une affaire d’intégration.
Paradoxalement, alors que ce courriel est censé justifier, aux yeux de ceux qui le diffusent, leur ressentiment raciste, j’y vois une occasion de prendre du recul et de constater que les réflexes xénophobes sont de tout temps et de toutes les cultures.

Alors, en ces temps de débat (artificiel) sur l’Identité Nationale Française, l’illustration que je vous soumets ici peut aider à relativiser, dépassionner votre propre cheminement sur le sujet.

Une bataille rangée entre algériens et chinois à Bab Ezzouar.
Article du El Watan du 4 Aout 2009 - http://www.elwatan.com/Une-rixe-violente-au-Chinatown-de

Des Chinois passent à tabac un habitant du quartier
Une rixe violente au « Chinatown » de Bab Ezzouar
La cité Boushaki de Bab Ezzouar (Alger) s’est transformée en un champ de bataille, opposant habitants du quartier, Chinois contre Algériens, hier vers midi. Un drame a été évité de justesse.

Un homme, Abdelkrim Lassaoudi, âgé de 35 ans, tabassé par les Chinois, a frôlé la mort. Il a été transféré en urgence vers l’hôpital Zemirli d’El Harrach. Il n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention des habitants du quartier qui l’ont soustrait aux Asiatiques. Les raisons de cette bataille rangée entre habitants de la même cité est partie d’une altercation entre un Algérien et un Chinois. « Quelques minutes plus tard, ce dernier est allé chercher des renforts. Il est revenu avec une cinquante de ses compatriotes armés de barres de fer et de bâtons pour passer à tabac un autre habitant, qu’ils ont confondu avec le premier », racontent les témoins oculaires rencontrés sur les lieux. Le jeune homme s’est réfugié dans un magasin, mais les Chinois l’ont poursuivi jusqu’à l’intérieur.

« Ils voulaient vraiment le tuer, ajoute un jeune du quartier, heureusement que les propriétaires du magasin ont eu la force de les repousser, sinon ils l’auraient éliminé. » Les éléments de la police judiciaire, sitôt alertés, sont arrivés sur place pour disperser tout le monde tout en promettant d’ouvrir une enquête pour déterminer les raisons de cette violence. Cependant, les habitants ne décolèrent pas et menacent de venger leur voisin. « Si les autorités locales n’agissent pas pour mettre un terme au diktat des Chinois dans ce quartier, nous allons brûler leurs magasins ainsi que leurs demeures dans les prochains jours », lance un jeune du quartier, tandis qu’un autre demande tout simplement « que soit effacé le quartier des Chinois qui sont venus nous coloniser ».

La cité Boushaki n’en est pourtant pas à son premier incident. Des bagarres ont souvent éclaté dans ce quartier depuis l’arrivée des Chinois. La cohabitation semble avoir mis le feu aux poudres. Les locataires dénoncent « les habitudes étrangères à la société algérienne des Chinois, à qui ils reprochent une conduite contraire aux mœurs locales ». Il faut dire que cette cité est devenue un vrai Chinatown ; les habitants de Bab Ezzouar l’appellent « le quartier chinois ». Des magasins y sont érigés, « souvent de manière clandestine. Ils louent la plupart des villas où ils font travailler des jeunes au noir ».

Les habitants se demandent pourquoi les autorités locales laissent faire. D’un ton soupçonneux, ils se demandent même s’ils ne s’adonnent pas « au trafic et à la contrefaçon ». Plusieurs fois, le maire de Bab Ezzouar, affirment les riverains, a été sollicité pour « trouver une solution à notre calvaire, mais nos doléances sont restées lettre morte ». Ils demandent que les services de sécurité enquêtent sur « l’organisation souterraine des Chinois dans la cité » avant que la situation ne devienne incontrôlable. - Par Hacen Ouali »

Le 11 Août, Libération relatait l’événement : http://www.liberation.fr/monde/0101584631-les-chinois-un-casse-tete-algerien
Après un rapport plus précis des faits, la journaliste reporter explique la situation et retranscrit quelques commentaires :

Les Chinois, un casse-tête algérien
Immigration. Des rixes entre commerçants asiatiques et locaux ont fait dix blessés près d’Alger.
Par RYMA ACHOURA - ALGER, correspondance

« L’arrivée des Chinois date de ces trois dernières années. Venus pour travailler sur les grands chantiers de BTP, ils se sont installés ici et ont ouvert des commerces de textiles bon marché. Aujourd’hui, ils seraient près de 200 dans la cité, et ne s’embarrassent pas beaucoup des traditions locales, selon leurs voisins algériens. «Ils ne respectent pas notre religion, ils jouent aux cartes dehors jusqu’à deux ou trois heures du matin en buvant de l’alcool. Eux et leurs femmes portent de plus en plus des tenues dénudées, et nous, qui sommes très pratiquants et qui habitons juste en face, nous ne pouvons même plus ouvrir les fenêtres qui donnent sur leurs appartements», raconte un habitant du quartier.

«Humiliés». Pour beaucoup, les affrontements de la semaine passée sont l’incident de trop. «Ici, c’est devenu le quartier chinois, d’ailleurs tout le monde l’appelle comme ça. Ils ont profité de notre bonté pour s’installer et maintenant ils veulent prendre tout le quartier. Ici, c’est un endroit respectable, les gens sont pratiquants, nous ne voulons pas de gens qui ne respectent pas notre religion. Nous sommes d’accord pour qu’ils restent en Algérie, mais qu’ils aillent dans un autre endroit», s’emporte un commerçant. «Nous n’avons rien contre le fait qu’ils travaillent ici, mais nous voulons qu’ils respectent nos lois, ou alors qu’ils vivent isolés, pas avec la société algérienne car, là, nous avons été humiliés», renchérit un autre. »

El Watan consacre, le 6 Août, un nouvel article sur l’encadrement policier qui s’en est suivi mais aussi sur les éléments du débat qui s’amorce - http://www.elwatan.com/Heurts-entre-Algeriens-et-Chinois :

«…/… Depuis, le « quartier chinois » s’est installé dans une zone de tension. Les raisons de ces affrontements restent à déterminer, une enquête de la police judiciaire est en cours.
Certains habitants vont jusqu’à exiger le départ des Chinois du quartier, évoquant « l’impossible cohabitation entre Algériens et Chinois après ce qui s’est passé lundi ». Mais tous les riverains ne sont pas forcément de cet avis. L’un d’entre eux n’a pas hésité à faire porter le chapeau de ce qui s’est passé à un commerçant algérien. Il assure que « ceux qui sont à l’origine de cette violence ne sont pas les Chinois, il s’agit d’un commerçant algérien qui avait provoqué un Chinois devant son domicile et ensuite ça a tourné au vinaigre ». « Depuis que les Chinois se sont installés dans la cité, nous n’avons jamais eu de problèmes avec eux, bien au contraire, grâce à eux la cité et tout Bab Ezzouar a connu un essor commercial », ajoute-t-il. Un autre habitant, qui a l’habitude de travailler avec les Asiatiques, abonde dans le même sens et affirme que ces derniers « respectent les mœurs des habitants du quartier et ils sont d’une conduite exemplaire, contrairement à ce qu’on raconte ».
Et d’ajouter : « C’est grâce à la présence des Chinois que beaucoup de gens d’ici ont pu construire leurs logements et monter des commerces. » En somme, les versions diffèrent et divergent, mais tous sollicitent l’intervention des pouvoirs publics pour faire régner la loi …/… - Par Hacen Ouali »

On le voit ; ça tergiverse… Comme en France sur le même genre de problèmes.
Preuve édifiante : cet échange trouvé dans les pages de commentaires de ce second article du Watan :

1- Le 9.08.2009 à 21h52
IL N’Y A PAS D’INVASION CHINOISE.
PEUPLE TU AS LA MEMOIRE COURTE. SOUVIENS TOI DE TON HISTOIRE.

« Je crois que le peuple algérien à la mémoire courte pour ne pas dire très courte. Alors je vais la lui rafraîchir.
Certains osent parler d’invasion chinoise ; mais de quoi est faite votre histoire ? Un rapide coup d’œil : - Les Phéniciens avec leurs comptoirs entre -1250 avant JC et -145 avant JC - L’état de Numidie -250 avant JC -25 avant JC - La période romaine -25 avant JC à 430 - La domination Vandale 430 à 533 - La domination de Byzance 534 à 647 - Islamisation de l’Algérie de 647 à 776 - Dynasties musulmanes, berbères, arabes de 776 à 1556 - Présence espagnole au XVIème siècle - Période Ottomane 1515 – 1830 - Colonisation française 1830 – 1962.
Oui, beaucoup de présence étrangère sur votre sol, mais cherchez les chinois, ils ne sont pas présents. Alors ne parlons pas d’invasion mais de coopération entre nos deux pays, chaque Etat y trouvant « son compte ».

Par contre, les relations d’amitié entre l’Algérie et la Chine remontent aux années 1950 où la Chine a soutenu l’Algérie dans sa guerre de libération contre la colonisation. Après la fondation du gouvernement provisoire algérien en septembre 1958, la Chine était le 1er pays, hors le monde arabe, à reconnaître ce gouvernement. En avril 1963, juste après l’indépendance, la Chine a envoyé une mission médicale, la première du genre en Afrique ; depuis plus de 2800 médecins ont sillonné le pays renforçant l’amitié entre les deux pays. En mai 2003, lors du séisme de magnitude 6.8 qui a frappé le nord de l’Algérie, la Chine était présente pour vous aider dans cette épreuve. Enfin, si nous regardons les chiffres de l’Ambassade de Chine à Alger, les visas d’entrées en Chine accordés aux Algériens atteignaient plus de 14 000 en 2007 et ils sont en constante augmentation.

Au quotidien, oui, les chinois souffrent de constantes agressions verbales et physiques de la part de citoyens algériens. Certes, ces agressions sont le fait de jeunes désœuvrés, mais pour en avoir été témoin et victime, je puis affirmer que, par exemple, le vol à l’arraché est une spécialité de certains jeunes maghrébins, on ne peut le nier. Il est plus facile de dévaliser l’étranger, qu’il soit chinois ou autre, que de se chercher une activité légale… !

Alors, à qui profite le crime ? Il serait dommage de monter deux communautés l’une contre l’autre au profit d’une troisième…. Alors essayons entre gens civilisés de nous comprendre de ne pas nous jeter des anathèmes et essayons de vivre dans un semblant d’harmonie si les uns et les autres ne veulent pas faire mieux.

Mais surtout que raison soit gardée de part et d’autre des deux communautés, et ne jetons pas aux orties plus de 50 ans d’amitié entre l’Algérie et la Chine.

Répondre

2- Réponse : IL N’Y A PAS D’INVASION CHINOISE.

Vous faite preuve d’une naïveté, qui doit bien faire rire les chinetoques, vous pouvez philosopher des heures et des heures, sur la soi-disant amitié sino-algérienne, mais il n’empêche que les relations entre états, ne sont régis que par les rapports de force et les intérêts de chacun.

Et en tant que nationaux (il n’y a pas de citoyens en Algérie) algériens, nous n’avons aucun intérêt, à avoir des quartiers de bandits, sournois, qui sont loin de l’image des travailleurs acharnés, respectueux de la loi (la preuve...), mais au contraire des magouilleurs mafieux, qui n’ont que du mépris aussi bien pour la loi que pour les autochtones, qu’ils méprisent comme personne.

La présence de ces commerçants, qui ne produisent rien, mais ne font qu’importer de chez eux, n’apporte aucun bénéfice au pays ; bien au contraire, ils sont en train de redessiner le schéma colonial, qui a fait de nous, aujourd’hui encore, de simple consommateurs qui ne produisent rien.

Et si vous avez la naïveté de croire que ces gens vous veulent du bien, comprenez, qu’il n’y a pas plus racistes et plus xénophobes que les chinois, et que les millions de paysans affamés de l’ouest du pays, il faut bien les caser quelque part, et les stratèges chinois ont logiquement porté leur choix vers l’Afrique, seul continent diriger par des couillons. Et pour finir, je vous laisse méditer cette citation du philosophe chinois, maitre dans l’art de la guerre, qu’est Sun Tsu : "Pour battre ton ennemi, il faut d’abord le soutenir pour qu’il relâche sa vigilance ; pour prendre, il faut d’abord donner." Donc trêve de naïveté. »

Tout ça laisse rêveur, Non ?
La comparaison (que vous imaginez) est tentante. Mais je suis sûr que l’exercice émoussera plus qu’il n’exacerbera les instincts xénophobes qui hantent la conscience de beaucoup (trop), …parce qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un.