La Gaude Démocrate

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Tag - Grece

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samedi, janvier 28 2012

Le choix du pauvre

Vous avez dû vous rendre compte que j'ai récemment modifié l'aspect de mon blog.
Je voudrais profiter de ce début de campagne présidentielle pour préciser mes positions avec la légitime ambition de les éprouver au grand jour.
S'exprimer, c'est regarder en soi-même et risquer au mieux le partage, au pire la critique contradictoire.

Ces jours-ci, c'est au tour de Hollande d'exposer ses thèses. Viendront celles de Sarkozy après que l'on a écouté celles de Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et M. Le Pen.



A la suite de ces années de gabegie du monde de la finance, je me suis rendu à l'évidence que l'ordre mondial dans lequel les ultralibéraux nous ont entraînés n'est plus viable. Plus viable pour les 99% d'humains placés sous le joug de ce 1% d'aristocrates de la planète.
Il ne s'agit pas là de théorie du complot, ni de l'amertume d'un pauvre d'entre les pauvres.
Bien sûr les indonésiens, les chinois, les indiens, les brésiliens vivent mieux qu'avant. D'autres progrès de condition de vie sont à espérer ici ou là. Mais on ne peut se satisfaire de ces développements favorables quand on les ramène à l'évident défaut de répartition dont souffre l'extrême expansion de la richesse mondiale.
La vérité est que quelques peuples ont eu la chance de s'être trouver sous la queue de la comète et d'avoir pu bénéficier des retombées de miettes qui s'en échappe.
La vérité est que les aristocrates financiers ont dû donner le change pour que perdure leur pouvoir toujours croissant, démesurément croissant. Comme le faisaient les monarques féodaux.

Boutique Chinoise à JFK Aéroport de New York
Le problème, c'est que l'injustice commence à se voir un peu trop.
Le problème, c'est que les monarques en veulent toujours plus et qu'ils ont perdu le sens de la mesure.

Alors oui, je cautionne les "indignés" et je crois qu'au-delà de l'indignation, des actes émergeront d'une façon ou d'une autre.
J'entends désormais avec plus d'acuité que je ne le faisais jusque là, (pourtant je l'ai toujours aimé) le mot de "Révolution".

De tout temps, au sein de la tribu, des provinces, des royaumes, des nations, il y a eu des dominants qui raflaient à leur seul profit le produit des efforts de la communauté. Et de tout temps, ils furent destitués dès lors qu'ils dépassaient les bornes.
Constater cela est bien banal, et ne parler que du retour nécessaire à la "bonne mesure" quand d'autres parlent de révolution peut paraître bien mièvre. Pourtant il s'agit bien de cela : de bornes dépassées. De ce diagnostic simplissime et suffisant émerge toujours la révolution.
Ainsi peu à peu, comme un symptôme, des mots aussi ringardisés que "partage", "solidarité", "répartition", "redistribution" reprennent la résonnance qu'ils n'auraient jamais dû perdre.

En ce temps où les monarques aussi se sont mondialisés, éparpillés en réseaux invisibles, sans château à assiéger, sans troupe à combattre même à main nue, les verrous paraissent inexpugnables. Pourtant, comme à chaque fois, le premier rempart qui s'élève face à l'outrance et l'avidité des puissants, c'est l'honneur de l'opprimé. Et puis monte la colère.

L'effroyable arrogance des "messagers" de la finance ne cesse de l'exacerber. J'ai nommé les banquiers, les grands patrons, les analystes financiers, les politiciens de la pensée unique, les économistes libéraux et leurs journalistes inféodés.

"Baissons les dépenses publiques, baissons les salaires", "les riches et leur quelque argent ne peuvent être une variable d'ajustement", "nul salut, hors de l'austérité."

Par contre, sous leur autorité, la baisse des salaires a toujours été considérée comme la variable d'ajustement idéale. Quelle importance ! 100 ou 200€ de moins quand on a déjà si peu !?
Par contre, sous leur autorité, la baisse des dépenses publiques jusqu'à la corde sera toujours préférable à la remise en cause des 40 Mds versés chaque année aux quelques milliers d'actionnaires pompant sans vergogne une économie française déjà exsangue. Pour ceux-là nulle cure d'austérité n'est envisageable, pour ceux-là aucun effort de solidarité – cette incongruité- ne pourrait leur être imposé, pour ceux-là rien ne justifierait de surseoir à la construction d'une nouvelle piscine, au renouvellement de leur Audi Sport ou à l'achat d'un chalet supplémentaire à Megève.

Tout cela n'est pas de l'amertume mal placée comme ne l'est pas moins leur argent.
Leur constance dans la cupidité est tout bonnement inconcevable et l'aveuglement de leurs "messagers" ne l'est pas moins.

6 Mds de paquet fiscal redistribués à quelques milliers de nantis chaque année, ce qui après division dûment effectuée représente une moyenne de quelques 300 000€ remboursés par tête de pipe de la caste des très riches par le trésor public, chaque année, avec l'argent de notre travail et avec l'argent de notre dette. Pour eux, tout cela est bien normal. Nous sommes, paraît-il, en période de crise, chacun doit se serrer la ceinture… mais cette situation, tout au plus désolante, ne les concerne pas. Ils sont au-dessus du lot. Ce sont les Aristocrates.

Ces jours-ci, - pour ne pas rester uniquement franco-français -, nous parviennent des nouvelles de Grèce. On y apprend que désormais, outre les fermetures des commerces, des entreprises, les baisses de salaires et des pensions, l'exode de ceux qui le peuvent, le désespoir des déclassés jetés à la rue, réduits à la mendicité, les suicides de plus en plus nombreux de gens qui comme nous n'avaient pas été préparés à la pauvreté, outre cette descente aux enfers, nous apprenons que les gens se battent pour quelques légumes pollués au chrome distribués en plein centre d'Athènes, nous apprenons que les gens ont faim et que les enfants grecs grappillent partout où ils le peuvent de quoi manger, quand ils le trouvent, s'ils le trouvent.

Alors non, tout cela n'est pas de l'amertume mal placée.
En Europe, de plus en plus de citoyens portent et porteront des haillons, se déplaceront nu-pieds, ne pourront se laver, ne se chaufferont pas, inaugureront le repas quotidien unique… Ne se raseront plus, n'iront plus au spectacle, n'achèteront plus de glace au bord de la plage… Les commerçants ne vendront plus. Finis les achats de fringues, de bijoux, le coiffeur et l'esthéticienne, fini le resto en famille le dimanche midi, l'abonnement à la salle de sport… Les gens resteront chez eux à repriser leur chemise devant leur télé, mobiliseront leur dernière économie pour acheter le scooter qui les affranchira du parcmètre et de la pompe à essence gloutonne… Le commerce s'arrêtera comme l'arrêt du Gulf-Stream réfrigérera l'Europe.
La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, les provinces anglaises, l'Irlande… La pauvreté est en marche mais tous les soirs à la télé, nos politiciens à cravate bleue viennent nous dire avec aplomb qu'elle s'arrêtera aux frontières françaises comme le nuage de Tchernobyl.
Pourtant aujourd'hui, malgré eux, "Révolte" n'est plus un gros mot.



Revenons aux présidentielles et au choix qui nous est proposé.
D'abord, a-t-on seulement le choix ?

Hollande vient de parler. Il débattra bientôt avec Sarkozy.
Bonnet blanc et blanc bonnet ? Malheureusement oui, car dans les grandes lignes macro économiques, ils se réfèrent au même système. Les mêmes caisses vides, la même monnaie, la même dette, la même Europe, le même ordre monétaire mondialisé, et aucune marge de manœuvre.
D'un côté, nous avons Sarkozy, le célèbre VRP des classes d'argent.
De l'autre, Hollande qui, sauf énorme surprise, jouera pour le même camp libéral.
Même si ses "clients" (commanditaires) ne sont pas tout à fait les mêmes (va savoir ?), on sait que les différences se développeront à la marge.
La marge. Voilà tout ce qui nous reste pour faire notre choix.
Et qu'y a-t-il dans cette marge ? L'espoir que Hollande et son gouvernement arrondissent les angles de l'injustice fiscale et sociale que nous subissons clairement depuis des années.
Ainsi dans l'hypothèse d'un second tour Hollande - Sarkozy, à tout prendre, entre les deux favoris des sondages, pour moi ce sera malgré tout Hollande… Ce sera Hollande, par défaut.

Voilà ce que l'on propose aux français : le choix du pauvre qui, comme toujours votera par dépit, avec fatalisme.

Au moment où la révolte est devenue nécessaire, qu'elle est chevillée au corps de la plupart de nos compatriotes, que le bon sens l'appelle, voilà le pauvre choix qui nous est proposé… imposé.
Et par un ressort machiavélique, Sarko est devenu un tel épouvantail épouvantable que la peur de le voir revenir va pousser les français au funeste Vote Utile dès le 1er tour.



Néanmoins, au premier tour, je tenterai un vote "dissident". Il n'est pas encore défini. Même si je garde mon affection pour des gens sincères et de bonne volonté comme Bayrou et Corinne Lepage, aujourd'hui mes inclinaisons vont vers Mélenchon, en premier choix, et Dupont Aignan, en second choix.

Ces deux là ont de la ressource. Ils sont lucides face aux enjeux et, paradoxalement, a contrario du jugement narquois des "observateurs", ont une vision bien plus mondiale que les hérauts des sondages. Ils se débattent dans des perspectives bien plus lourdes de conséquences que le maintien à tout prix du système féodal dans lequel nous sombrons. Les risques, que leurs convictions décrivent, sont bien plus en prise avec la réalité que ne le sont les thèses de nos énarques engoncés dans le moule idéologique de la croissance infinie des économies.
Alors je tenterai un vote "dissident", vers une autre voie.

Hollande et "l'autre" osent, dans un dernier artifice, nous parler de sang et de larmes pour maintenir quelques mois encore, sous nos têtes endormies, le mol oreiller d'une société de consommation à bout de souffle. Pourtant, ce faisant, la couleur est annoncée : du sang et des larmes. Et malgré cet augure terrible, la masse populaire semble se préparer à voter pour le maintien du système.

Bon sang, si véritablement le sang et les larmes doivent couler au moins que cela serve à renverser la table ! Que tout ce malheur ne soit pas vain !
Il faut donc croire que le troupeau docile se satisfait encore du peu de paille qu'il trouve en sa bergerie, et tant que les ventres seront pleins, il ne regardera pas d'où vient la paille.
Grand bien lui fasse même si le renouvellement du fourrage est assuré par les loups.
Tout le monde sait que ça ne durera pas. Les loups sont aux portes des villes. Beaucoup ont déjà sonné l'alarme. A la suite de quelques intellectuels, économistes "alternatifs" et autres libres penseurs, les Mélenchon, Montebourg, Dupont Aignan, M. Le Pen (à sa façon) s'en font les porte-voix mais à quoi bon crier avant d'avoir mal. Les français, il faut le croire, n'ont pas encore mal… pas suffisamment, mais ça viendra, hélas.

Hollande et "l'autre" le savent aussi. Mais pour eux rien ne doit changer. Pas encore.
Alors en les écoutant, nous vivrons encore notre vie de ramasseurs de miettes, sans honneur et sans fierté. En les écoutant, l'avenir restera bouché et la spirale dans laquelle nous aspirent les insatiables cols blancs de la Finance ne cessera de creuser notre malheur. Nous le savons, mais rien ne doit changer. Pas encore.

Alors bientôt il faudra nous rendre à l'évidence : Ensembles, nous n'aurons rien construit. Le capitalisme continuera d'engraisser les mêmes nantis et nous aurons oublié ce que voulaient dire "partage", "solidarité", "répartition", "redistribution". Nos enfants riront, s'ils le peuvent encore, des rêves communards, des droits acquis, des hippies qui faisaient l'amour, des services publics, des restos du cœur, de la croix rouge, des morts pour la France.

Ensembles, nous aurons laissé tout se déconstruire.
Nos enfants riront… peut-être.

samedi, mai 8 2010

Crise Grecque : le contribuable se substitue une fois de plus aux banques

Que se passe-t-il quand un pays fait faillite ?
Voilà la question qu’on peut désormais se poser au vu de ce qui se passe en Grèce.

Réponse : Rien. On dit tout simplement que ce pays « répudie » sa dette.
Personne ne va en prison, aucun patrimoine n’est confisqué, aucune mise sous tutelle.
Ce pays se voit tout simplement radié des livres des prêteurs. Il ne peut plus contracter d’emprunt sur les places financières. Et puis c’est tout.

Lindos La vie dans le pays devient difficile, serrage de vis imposé par le gouvernement qui a, de fait, le dos au mur, et tous les citoyens sont alors dans la même galère.
En fait, rien de moins et rien de plus que ce que vont vivre les grecs dans les années à venir.
Et puis un jour, des prêteurs viennent de nouveau frapper à la porte de cet état dès lors que la situation paraît être redevenue saine.
C’est ce qui est arrivé à l’Argentine il y a quelques années.
L’Argentine avait refusé le plan de rigueur que voulait lui imposer le FMI et s’est mise en faillite.
Et la vie a continué.

Dommage pour les banques, mais cela fait aussi partie de leur prise de risque. En plus, il y a des assurances pour ça. Mais il est vrai que les assureurs sont eux-mêmes banquiers et vice versa. Mais les conflits d'intérêt, ça ne choque plus personne...
Rappelons que les banques, dans le cadre du privilège qui leur est octroyé par le système de Création Monétaire, reçoivent l’argent de la Banque Centrale Européenne (BCE) à un taux de 1%, et le prêtent actuellement à 3,5% minimum et plus si affinités. Les Banques Centrales ayant interdiction absolue de prêter à une entreprise ou à un état.
Pour être plus précis, les états, via les Banques Centrales, donnent de l’argent à 1% aux banques privées pour leur emprunter ce même argent à 3,5%. Chouette système, non ?

Mais non contentes de cette marge colossale, elles veulent désormais que les états donneurs-emprunteurs (pigeons, quoi) soient aussi assureurs de risque… à titre gratuit ! Le beurre, l’argent du beurre, l’argent de la crémière (son sourire, elles s’en moquent)… Quoi de plus encore ? L’argent des enfants de la crémière et sur plusieurs générations ? Pourquoi pas ?

Mais tout cela n’ébranle pas une seconde les esprits rationnels, éduqués, et informés de nos politiques.
Déjà en 2008, ils se sont échinés à racler les fonds de caisses pour donner du vrai argent à des banques qui avaient eu le malheur de perdre de l’argent qui n’existait pas (les subprimes étaient de la titrisation de perspectives de remboursements de prêts progressifs offerts à grand renfort de publicité politique à des américains à faible pouvoir d’achat, avec, pour couronner le tout, une superbe chaîne spéculative sur la couverture de risque sur ces prêts via des assurances qui furent elles-mêmes titrisées !!).

Résultat : les caisses des états sont vides, les gens sont mis à la porte de chez eux, le marché de l’immobilier s’est écroulé, l’économie réelle s’est enfoncée, la crise sociale a suivi, les marchés actions se sont écroulés, les retraités par capitalisation sont à la rue, etc… mais les banquiers ont reçu leur vrai argent.
Alors qu’il eut été bien plus efficace de rééchelonner les prêts immobiliers, d’en réaménager les protocoles de remboursement (passer à des taux fixes et abaisser le curseur du taux de ces emprunts).
Il n’y aurait pas eu de crise. Tout juste quelques lignes de compte à modifier dans les grands livres informatiques de la finance internationale. Mais c’aurait été sacrilège !! (Relire le billet : « Nous avons donné l’argent aux barbares » (12/10/08))

Mais nos politiques sont bien conseillés. Alors ils remettent le couvert 2 ans plus tard.

Marché d'Athènes

Les banques risquent, ô grand malheur, de ne pas être remboursées par la Grèce.
(En plus, ce sont leurs copains des agences de notation qui crient au loup comme pour s’assurer que cet argent prêté leur échappe plus certainement.)
Chers politiques ! Que leur propre peuple en appelle à de meilleurs salaires, à plus de justice sociale, à une plus juste redistribution des richesses, à plus de services publics, etc… Peu leur en chaut. Pétitions, grèves, manifestations, bras de fer en tout genre… Rien n’y fait. Ils n’écoutent pas (et s’étonnent que les urnes soient désertées).

Mais dès qu’un financier encravaté est menacé d’un léger malaise en forme de perte de rentabilité surlignée en rouge sur un de ses livres de compte, les voilà qui accourent et déposent sur l’autel des palais bancaires l’argent de leurs contribuables-électeurs.
Ainsi nous seront donc délestés dans les 3 ans qui viennent de 17 Milliards, les allemands y laisseront 25 Milliards, et chaque européen de la zone euro ira ainsi de son obole pour, soi disant, soutenir la Grèce.
A noter que comme il est peu probable que la Grèce parvienne à rembourser de telles sommes (plus de 100 Milliards) en 3 ans (c'est une opération à perte en perspective), toute l’action des politiques européens consiste à faire passer la pilule auprès de leurs opinions publiques : On montre que le geste n’est pas désintéressé et qu’il peut même être rentable en appliquant un taux de 5% sur le prêt européen. Les grecs sont aux abois mais on va quand même essayer de les tondre encore un peu… C’est légèrement limite du point de vue moral, mais c’est mieux sur l’emballage (on fait mine de croire au remboursement) et économiquement totalement irréaliste.

CrètoisesAlors tandis que les grecs vont continuer de s’écharper entre eux et qu’ils auront perdu toute souveraineté dans leur propre pays, tandis que les autres citoyens européens vont avoir encore à se serrer la ceinture (d'autant plus qu'ils ne reverront jamais l'argent), tandis que l’affaire grecque constitue un joli précédent pour d’autres mises en demeure…, au bout du bout se sont encore les banques qui se retrouvent, ô joie, avec un tas de vrai argent bien au chaud dans leurs coffres, quelque part hors le monde réel… En attendant le produit d’autres rapines.

Oui, car il ne faut pas perdre de vue que la quasi-totalité des 110 Milliards que l’UE et le FMI vont généreusement prêter à la Grèce repartira alimenter les comptes des banques créancières et des spéculateurs rameutés de fraîche date.

Ainsi, grosso modo, la Grèce rendra de la main droite aux financiers spéculateurs l’argent que l’UE et le FMI lui auront prêté dans la main gauche. C’est ainsi que le contribuable se voit une fois de plus en position d’assumer à la place des banques des risques et des débours auxquelles elles étaient censées faire face. Et le pire est que ce tour de passe-passe ne changera rien au quotidien désastreux que l’avenir réserve aux citoyens grecs.

Par contre, dans l’hypothèse d’une Grèce se déclarant en faillite, tout devient sensiblement plus sympathique.
La Grèce n’a plus de dette. Elle doit vivre uniquement du fruit de son travail.
Elle n’a plus les moyens d’emprunter aux banques. Plus exactement les banques ne voudront plus rien lui prêter. Normal.
Mais rien n’empêche un autre état de prêter de l’argent à la Grèce… malgré sa faillite !
Rien n’empêcherait l’UE de prêter à la Grèce, à une Grèce vierge de toute dette.
Ainsi les Milliards européens seraient véritablement injectés pour le redressement du pays. Un investissement 100% efficient, sans banquier pour court-circuiter l’opération.
Du coup, les sommes nécessaires seraient bien moins astronomiques, le retour sur investissement pourrait être envisagé avec bien plus de sérénité (puisque les délais de remboursement exigés actuellement par les banques auront disparu), les opinions publiques seraient apaisées,… et, pour une fois, les banquiers et leur cohorte de financiers créanciers y seraient pour leur argent.

Mais un monde où du vrai argent pourrait servir à du vrai investissement pour rentabiliser un vrai travail pour en obtenir une vraie rémunération,… c’est de la pure utopie. (Sauf peut-être du côté de la planète chinoise.) Et quoi encore !? Une vraie répartition de la richesse produite en proportion de l’effort fourni, sans spéculateur et sans détourneur de fonds! Faut pas pousser.
La Grèce a inventé la démocratie, elle ne va pas non plus être le siège d’une économie idéale !!

En Mars 2010, dans le Monde Diplomatique, on parlait déjà de la vraie solution de la crise grecque :
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/03/CORDONNIER/18883

En Mai 2010, Elie Arié dans Marianne reprend (en moins technique) le même argumentaire :
http://www.marianne2.fr/Grece-mieux-vaut-une-bonne-faillite-que-dix-plans-de-rigueur_a192535.html

Dans le même temps, Dupont-Aignan, seul comme d’hab’, s’époumone vainement, comme d’hab’, pour crier au scandale – Et comme ça lui arrive parfois, il n’a pas tort :
http://www.marianne2.fr/Dupont-Aignan-le-plan-d-aide-a-la-Grece-est-un-sabordage_a192543.html