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dimanche, octobre 11 2009

La Peste A H1N1, Roselyne Bachelot qui nous sauvera tous et la Realpolitik pharmacienne

La Peste H1N1

La France peut être fière de figurer dans le top 5 mondial du nombre de vaccins par habitants contre la grippe A H1N1 : 10% de la commande mondiale de vaccins ! Soit 94 millions de doses - sans compter les 30 millions de doses en commande optionnelle sur 2010.
La France peut être fière d’avoir budgété plus d’1,5 milliard d’€ (plus de 10% du trou de la Sécu) pour faire face à ce réel fléau (dont 280 millions d’€ d’abondement de nos mutuelles qui ne manqueront pas de nous le rappeler).

Quand la Grippe saisonnière tue en France quelques 4 000 personnes / an, et 450 000 pers. / an dans le monde, le fléau H1N1, qui a mobilisé l’intelligentsia pharmaceutique mondiale, qui s’est vu opposé toutes les mesures prophylactiques que l’on sait, et qui a déjà fait le tour de la planète depuis le mois d’Avril 2009, n’a tué à peine (et c’est dramatique pour elles et leur famille) que 3 500 personnes à travers le monde.
Ainsi des milliards de $ ont de nouveau alimenté les « comptes d’apothicaires » grâce au « consentement éclairé » des terrorisés du monde entier.

Quand il est si difficile de s’élever contre les dictatures et les fanatismes, de nous rassembler pour la protection de l’enfance, d’emmener les peuples de la terre vers la paix, de se mobiliser contre les famines, de s’unir contre le réchauffement climatique, nous pouvons être fiers de nous, les timorés de la terre : dans un élan sans précédent, nous avons encore eu la faculté hors norme de fournir à nos grands faiseurs de vaccins et autres anti-viraux, quelques milliards de plus pour nous éviter une petite fièvre assortie de quelques courbatures.

Nous pouvons être fiers de nos politiques si démocratiquement choisis, et de nos médias auxquels nous faisons tant confiance. La peur semble être le dernier programme politique qui remportera les ultimes élections.

La peur… tout un programme : La Peste H1N1

En mai dernier, le Dr Antoine Flahaut, épidémiologiste et Directeur de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP) à Rennes, avançait le chiffre de 30.000 morts possible en France. Attendons, l’hiver lui donnera peut-être raison
Mais les décisions (et les actions de communication qui vont avec) furent prises alors que la mortalité au Mexique commençait à régresser et que la faible virulence de cette Grippe était déjà constatée par les soignants.

Pourtant on nous a annoncé des wagons de morts, des défilés de cercueils, des économies paralysées, des matches de foot à huis clos, les pèlerinages à La Mecque annulés, des plans de continuité d’activité draconiens, des pénuries de tout, 30 à 40% d’absentéisme dans les entreprises, des mises en quarantaine d'office, et même des poignées de porte anticontamination,… La grande peste était de retour.

La peur. Tout un programme, car s’en est un.
Funeste théorie du complot ! S’offusqueront quelques brebis bien pensantes.
C’est bien plus simple que cela ; bien plus petit hélas : la banale théorie de l’appât du Gain.

Souvenons nous de l’épisode Grippe aviaire – 2005-2006.



Gilead Sciences Inc. avait vendu la patente du Tamiflu aux laboratoires Roche (Suisse) en 1996. Dès l’apparition de la Grippe aviaire, l’administration américaine proclamait le Tamiflu comme étant le meilleur (le seul !) remède contre la pandémie à venir.
De quelques centaines de millions de $ en 2004, les ventes de Tamiflu dépassent en 2005, le milliard de $.
Toutes les administrations sanitaires de la planète se dotent des précieuses petites boîtes en milliers d’exemplaires. Les dépôts en regorgent !
La pandémie n’eu jamais lieu… 150 morts environ entre 2003 et 2006 de par le monde. (Institut de Veille Sanitaire - Cliquer sur le lien « H5N1 - Situation épidémiologique internationale » et choisir « le point au 4 Oct 2006 »)
Une dernière précision : l’ancien secrétaire à la Défense US, Donald Rumsfeld avait été président de la Société américaine Gilead Sciences Inc. et en était resté un des principaux actionnaires.

Sur le Wikipedia US :

In November 2005, George W. Bush urged Congress to pass $7.1 billion in emergency funding to prepare for the possible bird flu pandemic, of which one billion is solely dedicated to the purchase, and distribution of Tamiflu.”

1 milliard de $ pour le Tamiflu ; 6 milliards pour le reste des prestataires US... Alors qu’aucun cas mortel, ni aucun cas d’infection, ni même aucun cas avéré sur un volatile n’a jamais été constaté aux Etats-Unis !
Où est parti cet argent ?... Un tout petit conflit d’intérêt… comme il y en a tant.

Des histoires comme ça, il y en a plein les fosses à scandales si sales et nauséabondes qu’aucune justice ne s’y est jamais aventurée.

Conflit d’intérêt. Une bien jolie expression pour habiller de si noirs instincts. Un assassin tue, un voleur vole. Mais ceux-là prennent le risque de se faire prendre. Par contre un coupable de collusion dans un conflit d’intérêt ne risque en général qu’une méchante, très méchante remontrance.

Revenons à la Grippe A H1N1. Revenons à aujourd’hui.

La grande pandémie du siècle, à l’heure où ce papier est écrit, n’a toujours pas eu lieu.
Et les dépôts sont pleins à craquer de Tamiflu, d’Inflenza et, cette fois-ci, de vaccins fabriqués à grands frais, au risque d’hypothéquer la fabrication du vaccin de la Grippe dite saisonnière (la gentille qui tue chaque année, rien qu’en France, 4000 personnes…). Des vaccins qui, aux dires de certains, seraient dangereux tant ils ont été bâclés et dopés aux adjuvants douteux.
La grande pandémie du siècle n’a toujours pas eu lieu et pourtant les milliards sont de nouveaux passés dans la poche des apothicaires.
Voilà l’impôt de la peur est versé ; On pourrait désormais oublier la Grippe A H1N1. Et à chacun de remiser ses masques au garage ou à la cave pour ses travaux de bricolage du printemps prochain.

Mais non. L’affaire est allée trop loin. Pour certains, il va falloir assumer jusqu’au bout ; la dépense publique est trop importante. L’erreur, encore moins l’incompétence, ne pourraient leur être imputées ! Alors la campagne de vaccination va commencer.

La vaccination à tout prix !

Nous avons tous entendu parler des effets secondaires, lourds de conséquences, de ce nouveau vaccin. Nos plus rassurants communicants experts confirment eux-mêmes l’innovation de nos industriels du vaccin en matière d’adjuvants hyper efficaces, capables de décupler l’effet vaccinant… adjuvants à base de métaux lourds dont le squalène – du mercure. Nous savons tous que cet encapsulage révolutionnaire n’a pas bénéficié du temps nécessaire pour être validé par des tests en bonne et due forme.
Et nous sommes nombreux à savoir que dès le mois de Juillet dernier, la secrétaire d’Etat U.S. à la santé, Kathleen Sebelius, a signé un décret conférant une totale immunité aux fabricants de vaccins contre la grippe H1N1, pas en cas de contamination de leur auguste personne… mais en cas de poursuites judiciaires.
La France est d’ailleurs largement en avance sur les US en la matière puisqu’une loi prend les mêmes dispositions depuis Février 2007 : Article L3110-3 CSP Modifié par Loi n°2007-248 du 26 février 2007 – art. 1 JORF 27 février 2007.

Rien que du très rassurant.
Entre la peur d’une terrible Grippe meurtrière et la peur du méchant Vaccin, chacun voudrait choisir son camp. Fausse Grippe et méchant Vaccin / Vraie Grippe et gentil Vaccin ? Mais au bout du compte, combien de morts ?

Là aussi, aucun problème ! Plutôt… aucune réponse.
Puisque dès le début de l’été, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans une note d’information, postée sur son site web, a indiqué qu’il n’était plus nécessaire de recenser les cas de H1N1.
Rappelons que parmi ses missions prioritaires - de celles qui justifient sa propre existence - l’OMS est chargée de surveiller les foyers de pandémies, a fortiori de « pandémies mondiales » (sic).
Le Dr Michael T. Osterholm, Directeur du « Centre de Recherche sur les maladies infectieuses de l’Université du Minnesota », déclare : « de mauvaises mesures sont pires que pas de mesures du tout ». Super scientifique !!!
Qui est atteint du H1N1 et qui ne l’est pas ? Personne ne le saura jamais.
Qui meurt de quoi ? A quel rythme ? Comment ? Les « politiques » de l’OMS s’en foutent. Tandis que les « scientifiques » de l’OMS semblent encore s’atteler à leur tâche.
Pour l’heure, la seule préoccupation de nos Diafoirus de l’OMS et gouvernementaux, c’est la vaccination.

Résumons. Nous avons une grippe plutôt contagieuse, qui tue, pour l’instant, 100 fois moins qu’une grippe normale, dont on ne décompte plus vraiment les cas (on ne fait plus les tests), prête à être repoussée par des montagnes de boîtes d’antiviraux, et destinée à être terrassée par une armada de seringues chargées d’un vaccin peu ou non testé, mais hyper efficace !!!(?)

La question n’est plus « Combien de morts ? » mais « Combien ? » tout court.

                                                 *     *     *

Roselyne Bachelot qui nous sauvera tous

D’autres s’occuperont de regarder le CV de Kathleen Sebelius, Secrétaire d’Etat U.S. à la Santé. Ou le CV du Dr Margaret Chan, DG de l’OMS.
Notons que le Congrès US, suite aux rapports du Secrétariat d’Etat U.S. à la Santé, a voté un budget d’urgence de 7 milliards de $ pour faire face au fléau grippal, tandis que le Dr Margaret Chan a menacé d’activer le Programme d’Urgence (les quasi pleins pouvoirs donnés à l’OMS sur un pays) dans certains pays alors que le nombre de morts n’y dépassait pas quelques dizaines. Sans doute ces pays là ne débloquaient-ils pas assez d’argent en faveur des industries pharmaceutiques… Simple hypothèse.

En France, par contre nous avons un exemple de zèle parfait. Sans doute le meilleur élève de la classe. Son héros, plutôt son héroïne : Roselyne Bachelot.

La France est donc dans le top 5 mondial du nombre de vaccins contre la grippe A H1N1 par habitants. Un record acquis de haute lutte grâce à l’argent du contribuable français, à concurrence d’1,5 milliard d’€.
Mais le principe de précaution est-il le seul moteur de cette brillante performance ?

Intéressons nous au CV de Roselyne Bachelot.
Celui-là a toujours été largement renseigné sur ses nombreux mandats politiques et ses non moins nombreuses fonctions dans les organes du RPR, de l’UMP et dans les strates de l’état.
On voit que ses débuts se déroulèrent sur les terres du Maine et Loire et dans la Ville d’Angers. Mais avant ?
D’après le site Pharmacritique, jusqu’à l’année dernière, rien n’apparaissait nulle part sur sa carrière extra politique. Pendant 10 ans, Roselyne Bachelot a instauré une sorte de blackout sur son passé professionnel.
Toujours est-il que ce blackout a vécu et l’on apprend désormais que Madame le Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative est Docteur en pharmacie. Jusque là on peut se féliciter que ce poste sensible soit occupé par une personne de l’art. En même temps, on peut se demander pourquoi cela a été occulté et que personne, ni même la principale intéressée, n’en fait jamais état.

En allant sur le site du gouvernement, on se dit que le site Pharmacritique s’est réjouit un peu rapidement de la transparence retrouvée de notre Ministre : Alors que la rubrique « carrière » des fiches de ses collègues est correctement documentée, notre Roselyne s’obstine, dans une modestie bien étrange, à ne pas mentionner ses 12 ans et plus passés au service de l’industrie pharmaceutique.

Car après son Doctorat, Mme Bachelot fut visiteuse médicale (pour que son mari termine son diplôme de pharmacie) puis se retrouve Déléguée à l'information médicale du groupe ICI Pharma (1969-76) puis Chargée des relations publiques de Soguipharm (1984-89).
Soguipharm était une unité de fabrication de médicaments génériques basée à Conakry (Guinée) fondée en 1985 par Mr et Mme Bachelot et revendue à la suite de leur divorce.
Et ICI (Imperial Chemical Industries) Pharma est devenu depuis le labo Astra Zeneca (l’un des 6 labos lancés dans la production du vaccin contre la Grippe H1N1).

Les contrats signés par l’état français pour l’achat massif de vaccins contre la Grippe A H1N1 ne font apparaître, à ce jour, aucun lien privilégié avec Astra Zeneca. Les autorités sanitaires françaises ont commandé ferme 50 millions de doses à GlaxoSmithKline, et 16 millions de doses à Novartis, les deux laboratoires qui ont obtenu la recommandation européenne. Les autres laboratoires à qui la France a passé commande – Sanofi-Pasteur, pour 28 millions de doses, et Baxter, pour 50.000 doses – n’ont pas encore reçu l’aval des autorités européennes.
Actuellement, la seule information relatant une position favorable pour Astra Zeneca concerne les Etats-Unis où leur vaccin est le 1er à être utilisé dans la campagne de vaccination US qui vient de commencer.

Laissons là Roselyne et ses petits secrets. Mais elle a plein d’amis…

Le Canard enchaîné de la semaine dernière (02/10/09) nous révèle que le « Comité de Lutte contre la Grippe » compte parmi ses membres des professionnels de santé ayant des liens d’intérêt avec les grands laboratoires pharmaceutiques.

« Celui-ci placé sous la tutelle de Roselyne Bachelot compte parmi ses experts :
Fabrice Carrat, épidémiologiste et membre du conseil scientifique de Roche, fabricant du Tamiflu, Jean-Luc Bensoussan, généraliste, membre des GROG, “groupes régionaux d’observation de la grippe A” et conseiller de Roche sur la grippe.
Daniel Floret, pédiatre-réanimateur et Président du Comité Technique de Vaccination affichait en Janvier 2009 plus d’une quinzaine de collaborations dans l’industrie pharmaceutique, Jean Beytout, infectiologue en aligne une dizaine.
Hors de ce Comité, d’autres sommités du monde sanitaire français entretiennent des relations croisées avec l’industrie pharmaceutique :
Le Dr Catherine Olivier Weil, représentante de la France à l’Agence européenne du médicament, travaille aussi pour Roche depuis 2006, et conseille Merck Sharp and Dohme, GlaxoSmithKline, Wyet et Baxter, tous fabricants de vaccins,
Et Mme Flahaut, directrice du LEEM (Syndicat des industries pharmaceutiques) qui siège également à la commission de mise sur le marché et qui validera les autorisations pour les vaccins à venir est mariée avec Antoine Flahaut, qui a travaillé entre autres pour Sanofi-Pasteur et Sanofi-Aventis. »

Voilà ce que nous apprend le Canard Enchaîné.

D’aucun pourra penser qu’il vaut mieux avoir des experts dans la pleine possession de leurs compétences que des experts ignorants, pas même capables de monnayer leur savoir en dehors de leurs comités bureaucratiques. Dont acte. Mais tout cela laisse rêveur sur les motivations des uns et des autres.

Un autre épisode laisse rêveur. Souvenons nous de ce contrat mirifique que Sanofi-Aventis, sous l’égide de notre cher Président, a signé lors du voyage mexicain en Mars dernier.

« Mexico, Mexique, le 9 mars 2009 - Sanofi-aventis annonce aujourd’hui la signature d’un contrat avec les autorités mexicaines, pour la construction d’une usine de production de vaccin contre la grippe, représentant un investissement de 100 millions d’euros.
L’annonce a été faite au cours d’une cérémonie en présence de MM. Felipe Calderon, Président du Mexique et Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, en visite officielle au Mexique. »

Là non plus on ne parlera pas de conflit d’intérêt, ni même de délit d’initiés.

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La Grippe H1N1 est passée par ici, la psychose passera par là et les Bigs Pharma ramassent la mise.

Extrait d’une chronique du Pr Pierre Cornillet intitulée « La grippe porcine A H1N1, une pandémie de la bêtise ou une manipulation de l’opinion ? »

« …/… Des voix de plus en plus autorisées émettent de sérieux doutes sur cette fameuse pandémie qui doit tous nous atteindre. Le Pr Debré, urologue de renom et homme politique engagé à l’UMP de Paris, se permet de parler de “grippette”. Roselyne Bachelot n’a pas eu de mots assez durs pour se moquer de cet homme sans compétence ! Le Pr Gentilini, parasitologue, épidémiologiste, ancien directeur de la Croix-Rouge française émet les plus grandes réserves sur les caractéristiques de la grippe en cause, un silence gêné lui répond, et ainsi de suite. On s’aperçoit qu’au Mexique, pays d’origine de cette fameuse pandémie, seuls 12 % à 13 % des cas de grippe décelés, relevaient de la grippe A, les autres étant dus à une grippe saisonnière. Et tout à l’avenant. Autre fait remarquable qui ramène cet épisode à sa juste valeur : il y a déjà bien eu en métropole quelques cas authentifiés de grippe A, mais ceci n’a déclenché aucun épisode à caractère épidémique, autorisant bien des réserves sur la contagiosité cataclysmique annoncée. …/… les grippes saisonnières auxquelles nous sommes périodiquement confrontés provoquent plusieurs milliers de décès par an en France sans qu’on se panique et, là, deux ou trois décès sont montés en épingle pour dénoncer la dangerosité de la grippe. Restons sérieux, à qui profite l’affaire ? …/… »

Aux détracteurs qui objecteront qu’il vaut mieux prévoir le pire au lieu de prendre de plein fouet un fléau annoncé comme probable, nous pourrons répondre que rien n’empêchait les responsables de l’OMS, les gouvernements et, à leur suite, les industriels en pharmacie de préparer à « bas bruit » les lignes de défense que leurs pronostics les amenaient à prévoir. Rien ne les obligeait à semer la panique dans les esprits en faisant monter en puissance la menace sanitaire, à coup de communiqués soi-disant rassurants, et, au bout du compte, anxiogènes. Une façon de forcer la main aux politiques soucieux de leurs patients… Non, électeurs ?
Rien, à part les bénéfices démentiels qu’ils pouvaient espérer d’une telle psychose.

Selon J. P. Morgan, les ventes de Tamiflu et de Relenza permettront à Roche et Glaxo, de réaliser un chiffre d'affaires de 1,8 milliards de dollars dans les pays riches et plus de 1,2 milliard de dollars dans les pays en voie de développement. Ces chiffres rien que pour les anti viraux. Au total, entre médicaments et vaccins, le risque d'une pandémie s'élève à environ 10 milliards de dollars.

Depuis le début des années 2000, les grandes manœuvres sont incessantes dans le milieu des Big Pharma :
Baxter acquiert Immuno International AG (1997), Baxter acquiert North American Vaccine (2000 - 380 millions de $), Novartis a acheté Chiron (fin 2005 – 5,1 milliards de $), Sanofi-Synthélabo acquiert Aventis (Août 2004 - 55 milliards d'€), Astra Zeneca rachète Medimmune (Avr 2007 – 13 milliards de $), Glaxo se paye ID Biomedical (Sept 2005 - 1,7 milliard de $), Sanofi Pasteur met main basse sur Acambis (Sept 2008 - 350 millions d'€) et Pfizer sur Wyeth (jan 2009 – fusion de 68 milliards de $), etc...
Tous ces rachats ou fusions sont motivés, sans exception, par la volonté de chaque Big Pharma d’améliorer son positionnement sur le marché des vaccins.

On comprend que devant de telles marées de $, il soit impératif pour ces industriels que leurs stratégies soient rentables.
Face au phénomène de perte de droits sur leurs brevets, à l’usage croissant des médicaments génériques, à l’affaiblissement des ressources d’argent mutualisé (Sécurité sociale, mutuelles), à l’assèchement de l’innovation thérapeutique et/ou à l’accroissement des coûts de nouveaux médicaments innovants, au succès des médecines douces et des actes d’auto médication… les « Bigs Pharma » doivent adopter des stratégies de plus en plus discutables.

Des petits commentaires de ce genre témoignent de ces problèmes :

« Même si les dépenses de santé progressent à un rythme supérieur à 8%, l'exceptionnelle rentabilité de l'industrie pharmaceutique ne pourra durer indéfiniment : les déficits des budgets de la Sécurité Sociale ont atteint des limites, et la protection des profits par les brevets est limitée à une dizaine d'années par l'essor des médicaments génériques. La recherche coûte de plus en plus cher, avec des délais de plus en plus longs, et des résultats de plus en plus aléatoires d'où l'intérêt d'acheter une entreprise ayant de nouveaux médicaments. »

Outre les économies d’échelles induites par ces fusions-acquisitions (fermetures d’unités de production, licenciements en masse…), qui permettent de maintenir leur chiffre d’affaire à flot, on voit régulièrement que la santé des populations n’est pas toujours la préoccupation principale de ces firmes.

En exemple, un article des Echos sur la logique financière de la Grippe A au titre sans nuance :

« Le vaccin anti-H1N1 va doper le chiffre d'affaires de Sanofi »
Sanofi-Aventis s'attend à ce que son vaccin contre le virus de la grippe A/H1N1 dope son chiffre d'affaires en 2009 et 2010, a déclaré le directeur général du laboratoire français dans une interview à Reuters.
"Ce sera une opportunité significative en termes de revenus, à la fois cette année et l'an prochain", a indiqué Chris Viehbacher. "C'est un joli coup de fouet à court terme pour le chiffre d'affaires et le cash flow."

En pleine Grippe A H1N1, la realpolitik pharmacienne nous offre une de ses belles passes d’arme.

Tandis qu’un nombre non négligeable de médecins déclarent ne pas envisager une seconde de se faire vacciner avec un produit non testé, ils sont tout aussi nombreux à déclarer que les cas mortels de Grippe sont provoqués quasi exclusivement par des complications pneumologiques. En substance : « On ne meurt pas de la Grippe, on meurt de ses complications ».
Ainsi dès le 13 Juillet, le Ministère de la Santé, via la Direction Générale de la Santé, faisait parvenir aux Directeurs d’Etablissements de Santé et d’Etablissements Médico-Sociaux une note dont l’objet est : « vaccination anti-pneumococcique des adultes ciblés par les recommandations actuelles en prévention des surinfections pneumococciques de la grippe »
On retrouve une note équivalente du Comité Technique de Vaccination relayée par la Société de Pathologie Infectieuse (SPILF), la SFLS (Société Française de Lutte contre le SIDA) et le CNGE (Collège national des Généralistes Enseignants).
Mais que croyez vous qu’il advint de ces belles recommandations quand il s’agit d’en donner connaissance au grand public ? Pas grand-chose.
Le Pneumo 23 est un bon vieux vaccin, sans adjuvant, et peu rentable. Il n’y a guère que sur Internet que l’on en entendit parler. Aucune campagne d’envergure ne fut lancée pour amplifier sa production.

Las, le 6 Juillet, le CNGE conclut un de ses communiqués au sujet du Pneumo 23 par :

« L’application de ces recommandations en pleine pandémie pourrait se heurter à des difficultés logistiques soulignant l’intérêt de renforcer dès maintenant cette vaccination. »

Bien anticipé. Le Pneumo 23 est en rupture de stock depuis début Septembre.
Bien joué aussi. Les Bigs Pharma ont le champ libre pour vendre leur super vaccin.
No comment sur l’assentiment complice de nos décideurs en chef. On aurait voulu organiser cette pénurie qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Dormez braves gens, tout cela est bien huilé.
Dormez braves gens, nous mourrons tous… Peut-être pas cette fois-ci, mais à n’en pas douter appauvris, et dupés… encore une fois.

Note : dernières nouvelles du front - Semaine 40/2009

« Pandemic (H1N1) 2009 - update 69 / Weekly update (Virological surveillance data)

9 October 2009 -- The Global Influenza Surveillance Network (GISN) continues monitoring the global circulation of influenza viruses in particular those infecting or with the potential of infecting humans including seasonal influenza.

Since the beginning of the pandemic on 19 April 2009 to September 26th, a total of 80 countries reported to FluNet. The total number of specimens reportedly positive for influenza viruses by NIC laboratories was 134,627. Of these, 82,215 (61.1%) were pandemic H1N1, 6694 (5%) were seasonal A (H1), 18,923 (14.1%) were A (H3), 22,533 (16.7%) were A (not subtyped) and 4262 (3.2%) were influenza B.

For this reporting week (20 Sept to 26 Sept 2009) ; a total of 27 countries reported to FluNet. The total number of specimens reportedly positive for influenza viruses by NIC laboratories was 9457. Of these, 6912 (73.1%) were pandemic H1N1, 127 (1.3%) were seasonal A (H1), 701 (7.4%) were A (H3), 1621 (17.1%) were A (not subtyped), 96 (1%) were influenza B.

All pandemic H1N1 2009 influenza viruses analysed to date have been antigenically and genetically similar to A/California/7/2009-like pandemic H1N1 2009 virus.”

Mais des petits astérisques précisent le caractère approximatif de ces chiffres. Quant aux quelques 300 000 cas avérés relevés dans ce rapport, on peut s’autoriser à ajouter tous les autres cas « non déclarés ». Ainsi le 1% de mortalité affiché (escomptons que les cas mortels soient quasi exhaustivement rapportés) devra être révisé à la baisse.

Et un dernier commentaire : 80 pays ont participé à la statistique globale depuis le début (Avril 2009) mais aujourd’hui il n’en reste plus que 27 pour présenter leur rapport. Etrange pour une « Pandémie Mondiale de Tout l’Univers » !!?

Utile : Un monitoring graphique de l’évolution de la Grippe dans le monde, pays par pays et même région par région.

lundi, septembre 21 2009

Taxe Carbone contre Fiscalité Ecologique ou l’impôt écologique à contre emploi

Voilà, nous y sommes. La révolution écologique est en marche !!
Le combat écologiste a changé d’objet : On ne parle plus du pourquoi, mais du comment. Un grand pas ! Pour preuve, on nous présente la Taxe Carbone.
Quelle jubilation chez les acteurs publics en tout genre : journalistes, chroniqueurs, experts, sondeurs, spécialistes et politiques. Les micros sont grands ouverts.
Les Diafoirus de tout poil, en conciliabule, s’interrogent : Comment administrer la ponction ? A quel niveau introduire le cathéter ? A quelle profondeur ? Et comme d’habitude, le patient n’est sollicité que pour avis… Mais la pilule, il avalera.

Pourtant en chemin, tous paraissent avoir oublier le pourquoi.
Tous, même les théoriciens de la Fiscalité écologique.
Cette belle vision s’est peu à peu transformée en Contribution Climat Energie (CCE) pour atterrir, sèche comme une loi de finance, dans nos journaux quotidiens sous forme de Taxe Carbone.

La Taxe Carbone ou comment une belle idée peut-être réduite et phagocytée par l’appétit libéral

Rappelons-nous. Au départ, il s’agissait de renverser la logique de notre fiscalité : lever l’impôt sur la consommation de ressources naturelles EN LIEU ET PLACE de l’imposition du travail par le critère du revenu.

Voici un extrait du site de la Fondation Hulot : http://www.fondation-nicolas-hulot.org/actions/nos-propositions-et-positions/nos-propositions/fonder-les-regulations-sur-de-nouveaux-princi

« Basculer certaines régulations pour qu’au lieu de peser sur le travail, elles pèsent sur les consommations de ressources naturelles.

Quand notre système économique s’est construit, les ressources étaient perçues comme illimitées et le travail humain comme un facteur limitant. L’essentiel des règles encadrant les activités humaines s’est donc focalisé sur l’économie de main-d’oeuvre sans tenir compte des ressources naturelles utilisées. Cette logique s’est aujourd’hui inversée. La main-d’œuvre est abondante tandis que les ressources naturelles se raréfient. Il nous faut donc inverser la tendance. Nous proposons pour cela de basculer les régulations afin qu’au lieu de peser prioritairement sur le travail elles reposent d’abord sur les « consommations de nature ». La performance économique ne reposerait plus sur la destruction de la nature mais sur sa préservation. L’emploi serait, de plus, favorisé. »

Contre toute attente, ce Mr Hulot entre dans le débat quantitatif actuel autour de la Taxe Carbone en oubliant l’inspiration originelle de sa propre proposition !

Pourtant l’affaire paraissait entendue.
Pour y parvenir, on pouvait imaginer un transfert progressif vers cette nouvelle fiscalité.
Instaurer cette Contribution Climat Energie (CCE) dans un cadre de type fiscal et, pour qu’elle soit accueillie favorablement par les citoyens, diminuer d’un même ordre de grandeur l’impôt sur le revenu.

Aujourd’hui, on nous fait croire, mais c’est digne d’Ubu Roi, que la Taxe Carbone nous sera remboursée au centime près ! Mais alors à quoi bon ! Cela ne rime à rien.
Encore plus ridicule, dans ces conditions, de s’invectiver sur le montant de la tonne de CO2 !
Absurdes, les cris d’orfraie des tenants de la CCE qui veulent la voir plus conséquente !
Puisqu’on vous dit qu’elle nous sera remboursée au centime près ! Je veux bien payer 100€ la tonne si on me les rend !

Non, cette Taxe Carbone est bien une nouvelle taxe qui fera du vide dans notre portefeuille. Du vide de CO2 à n’en pas douter.
Les Diafoirus n’ont pas le grand style d’antan, mais ils parviennent aussi bien à leur fin.

Soyons clair. Il est tout à fait acceptable d’envisager un véritable transfert de fiscalité. Beaucoup d’entre nous seraient prêts à payer l’impôt sur son impact écologique. De nouvelles règles du jeu, de nouveaux critères dès lors qu’on abandonne les principes de l’impôt sur le revenu.
Un transfert fiscal à la satisfaction de tous :
Focus sur l’urgence écologique ET revalorisation des fruits de son travail (puisque exonéré d’imposition). Tout est là pour plaire à la fois aux écologistes ET aux libéraux.

Mais les libéraux font encore leur calcul… Ils hésitent… ou ils gagnent du temps pour préparer une nouvelle machinerie dont ils ont le secret afin de tirer profit de ce nouvel ordre. Mais ils y pensent.

En attendant, les argentiers n’ont pas perdu le nord. Pour l’instant, une taxe fera bien l’affaire.

On nous dira qu’ « il est déjà suffisamment compliqué de circonscrire l’application d’une Taxe Carbone… Alors un transfert de fiscalité ! C’est impossible ! »
Que nenni.
L’administration des impôts possède déjà toutes les informations suffisantes pour procéder à la mutation : Elle détient les fichiers qui nous servent à payer nos taxes habitation et foncières.
Ces fichiers permettent de recouper nos consommations de chauffage (nbre de m²), d’eau (nbre d’habitants ou nbre de points d’eau : SdB, WC, Eviers), d’électricité (nbre de pièces), d’entretien (m² de terrain), TV ou pas. Ascenseur ou pas.
Les fichiers de la Prévention routière : Nbre de voiture(s) et cylindrée.
Les fichiers de l’impôt sur le revenu qui leur permettront d’appliquer un ratio revenu / consommation pour intégrer notre capacité à polluer par les déchets domestiques.
Resterons à centraliser les informations sur l’Assainissement : tout à l’égout ou fosse septique. Et rapatrier les données récemment collectées aux cadastres sur l’isolation thermique et sur les piscines. Sans oublier la pesée nominative, dans les déchetteries. Ca a déjà commencé, j’en témoigne.

A n’en pas douter, un croisement d’informations jubilatoire pour tout technocrate passionné… Oui il y en a !
Et puis n’est-ce pas plus intrusif que notre dérisoire feuille d’impôt où ne figurent souvent que deux ou trois chiffres.
Et puisque Big Brother est déjà chez nous, il nous restera à répondre à une belle enquête sur le mode recensement : nombre de kilomètres entre domicile et travail ; si nous empruntons les transports en commun. Mais il y aura plus simple ! Le scellé fiscal sur notre compteur automobile. Chaque balade fera monter la facture et pas seulement celle de l’essence.

A propos de prix de l’essence, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix de produits de consommation, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix du chauffage, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix d’électricité, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos d’assainissement, ne sommes nous pas déjà taxés ?
A propos de prix de l’eau, ne sommes nous pas déjà taxés ?

Ca s’appelle la TVA (ou la TIPP pour les carburants).
Cet impôt indirect, réputé injuste car il taxe autant les bas et les hauts salaires.
Sauf que plus on consomme, plus on paye. Ainsi, plus on a de l’argent pour consommer, plus on paye. Plus précisément, plus on est riche, plus on paye… Ca se défend.

En fait, la fiscalité écologique, c’est un peu comme la TVA.
De la Taxe sur la Valeur Ajoutée, nous passons à la TVP, Taxe sur la Valeur Polluée.
Voyez ! Ce n’est pas si compliqué. On l’a déjà fait.
Comme Mr Jourdain, qui faisait de la prose sans le savoir.

Chers technocrates passionnés, chers argentiers, il ne vous reste qu’à mettre de l’ordre dans tout ça. Vos ordinateurs sont prêts, la fiscalité écologique n’est plus qu’à quelques clics.
Mais de grâce ! Oubliez l’impôt sur le revenu ! …Donnant-donnant.

dimanche, février 1 2009

Manif du 29 Janvier 2009 – Nous sommes MoDem et notre authenticité doit suffire à nous guider

En ce lendemain de mobilisation citoyenne, le militant MoDem que je suis éprouve de la tristesse.

La mobilisation du 29 Janvier fut un succès, nous dit-on. Les syndicats ont « fait le plein ».
Pour les autres, - les partis politiques, les associations militantes, comme la Ligue des Droits de l’Homme ou le Planning Familial, par exemple - il ne s’agissait pas, bien sûr, « d’une récupération politique de quelque chose qui est plus profond » (F. Bayrou) . Cela aurait été présomptueux, pour les uns ; fantasmatique, pour les autres.

Pour tous, la question était claire : éprouvons-nous une affinité avec les mots d’ordre de l’Intersyndicale ? Pouvoir d’achat, Salaires, Retraites, Emploi, Services publics… Sommes-nous solidaires ? Ainsi, la plupart des acteurs militants et citoyens n’a pas tergiversé bien longtemps.

On sait que les revendications d’une intersyndicale ne sont jamais bien explicites quant aux moyens proposés pour arriver aux objectifs scandés dans la rue, néanmoins, pour le MoDem, le risque de hiatus était quasi inexistant.

  • * *

En effet, les options défendues par ce mouvement populaire ne laissaient nullement place à l’équivoque : En ces temps de crise économique, soutenir la Demande (Pouvoir d’achat, Salaires, Retraites, Emploi, Services publics…) doit faire partie intégrante des solutions mises en œuvre.

Cela fait plusieurs semaines, sinon plusieurs mois, qu’une ligne de fracture se dessine entre les « encore libéraux » et les « toujours sociaux ».
Les premiers prônent le nantissement toujours renouvelé des milieux financiers, via les banques, et les seconds s’escriment à proclamer le soutien nécessaire de la Demande.

La problématique est duale. Offre ET Demande. Et non pas, Offre OU Demande.
Les « encore libéraux » négligent effrontément un des termes de cette dialectique : s’il n’y a pas de Demande, l’Offre reconstituée ne trouvera pas plus de débouchés.

Obama, Merkel, Brown et bien d’autres l’ont enfin compris. Leurs dernières mesures tiennent compte de cette dualité. Mais il faut croire qu’en France rien n’est comme ailleurs.

« … /… le gouvernement ne croit pas à une relance par le pouvoir d'achat dans un pays dont les habitants ne sont pas endettés. Tout l'espoir du gouvernement est en effet d'entraîner les Français, dont le taux d'épargne est l'un des plus élevés d'Europe, à tirer un peu sur leurs économies. » Le Figaro du 31/01/09

Voilà tout ce qu’espère notre gouvernement : nous faire « racker », toujours et encore.
Il distribue notre endettement aux banques qui, d’un côté, continuent sans vergogne à servir leurs actionnaires et, de l’autre, éreintent les citoyens (PME comprises) par leur avarice-égoïsme-cynisme. Et maintenant, il veut mettre définitivement sur la paille ceux qui, par chance, n’y sont pas encore tout à fait.
Personne ne peut plus investir dans une voiture neuve ? Qu’à cela ne tienne, donnons encore quelques-uns de nos milliards aux barons de l’industrie pour préserver des emplois qu’ils s’appliquent, depuis longtemps, à faire sortir de nos frontières.

Nous marchons sur la tête ! Le gouvernement distribue des milliards sans même se garantir sur l’utilisation qui en sera faite.
Même Obama, outré par les 18 milliards de primes que les financiers se sont attribués sur les 400 milliards déjà consommés sur le Plan Paulson, n’en peut plus de garder son self-control : « le summum de l’irresponsabilité !», « c’est une honte !».
Même Obama aura bien du mal à récupérer cet argent.
Même face à Obama, les barbares de la Finance n’ont pas hésité à se servir, au-delà de leur salaire, sur la misère des citoyens donateurs. Pour eux, rien ne devrait changer. Jamais.

Voyez, d’ailleurs, le bras de fer auquel a dû se plier le gouvernement pour obtenir des banquiers qu’ils en rabattent sur leurs précieuses primes perso. Et encore ! , de cette « négociation », nous ne connaissons pas le dessous des cartes…

Alors oui, rien ne va dans les solutions prônées par les « encore libéraux » qui nous dirigent et qui prétendent tout résoudre avec l’aide magnanime et miséricordieuse des banquiers et autres grands industriels.

Alors oui, toute personne éprise, un tant soit peu, de justesse et d’équité, pouvait voir immédiatement de quel bord il fallait pencher. La mobilisation du 29 Janvier allait forcément représenter une pierre noire dans le jardin insolent des libéraux.

Alors oui, il était évident, pour le militant MoDem que je suis, que mon parti devait se porter solidaire en ce 29 Janvier. François Bayrou, nous a, depuis toujours, conforté dans son credo humaniste et sa défiance envers la foire aux paris financiers que sont les bourses (à court terme).
Pourtant rien n’est venu, ou si tard, si timidement.

  • * *

Nous, militants du MoDem (06, en l’occurrence), avons attendu un mot, un signe, un assentiment.
Sur le terrain, dans les départements, parmi ceux qui sont venus quand même, il y avait deux catégories de militants (1):
Ceux qui se mobiliseraient quoi qu’il arrive et les « légitimistes ».
Ceux qui s’afficheraient MoDem Solidaires quand même, et ceux qui s’associeraient discrets, à titre personnel, faute de « consigne officielle ».

Une nouvelle fois, les forces vives du MoDem étaient divisées.
Fallait-il brandir une banderole ? Se limiter au port d’attributs orange ? Crier slogans – et quels slogans ? – ou se fondre dans les cortèges ? Au fait… ! A-t-on la « culture de manif’ » ?

Dès lors qu’aucun appel officiel ne descendait de Paris, l’attentisme aura eu raison de toute organisation militante pour cette manifestation. Les quelques-uns qui défilèrent, le firent, empreints du plus grand amateurisme. Aucune communication pour s’organiser, aucun matériel militant digne de ce nom (banderole, drapeau, autocollants ou tract), aucune discipline puisque personne n était « mandaté » pour l’imposer.

Les forces vives du MoDem sont apparues à la société militante qui les entourait ce jour là, dans leur plus grande misère. J’étais un de ces piètres épouvantails, affublé d’une banderole de chiffons, dont, hélas, j’étais le « confectionneur » !
MoDem 06 à la manif' du 29/01/2009

                  MoDem 06 à la manif' du 29/01/2009

En ce lendemain de mobilisation citoyenne, le militant MoDem que je suis éprouve de la tristesse.

Attristé, ce jour là, de voir des officiers, arme au pied, et des fantassins voués à eux-mêmes.
Attristé, ce jour là, aux côtés d’un état-major (réduit) en représentation et des soldats feignant une marche conquérante.
Attristé, ce jour là, de voir la grande écharpe orange se déchirer entre le peuple des militants MoDem et les « déjà politiciens » bien disciplinés qu’ils avaient élus.
Attristé, ce jour là, de voir ressurgir les instincts cravatés de l’ancienne UDF, se défiant de toute compulsion militante.
Attristé, enfin, d’entendre quelques-uns vouloir s’attribuer la gloire factice de ce qui fut une débandade.
Nous partîmes Quarante; mais par un prompt renfort, nous nous vîmes Douze en arrivant à la Place Massena.

J’ai compris, ce jour là, que la belle démocratie consacrée lors des élections internes de Septembre 2008 pouvait n’être en définitive que l’édification d’une pyramide rigide et, à l’occasion, creuse, dès lors qu’aucune lumière ne luisait en son sommet, laissant ceux du bas dans l’ombre et le dénuement…
J’ai compris, ce jour là, que cette belle démocratie, rêvée pour le MoDem, pouvait se réduire, aux yeux de certains, à une classique hiérarchie centralisatrice, asphyxiant toute initiative venue du rang.

J’ai eu la confirmation, ce jour là, que si les MoDem Départementaux ne faisaient pas preuve d’autonomie, le MoDem perdrait toute vaillance.
Structurer des commissions (foyers de réflexion), émettre (pas assez souvent) des communiqués de presse, honorer de notre présence quelques réunions locales ne sera jamais suffisant pour emporter des adhésions en masse.

Je crains, depuis ce jour là, que la seule mission qui vaille pour les lieutenants régionaux ne soit les seuls résultats aux prochaines élections européennes et, qu’ils en négligent ce qui fait le corps du combat politique : les luttes, le terrain.

Au vu de nos moyens tout relatifs et du temps qui nous reste avant cette échéance, le « faire savoir » pourrait, peut-être, contrebalancer quelques déficits ?
Mais que penser des fulgurances du genre : « Mise à l’Ordre du Jour de la réunion du prochain Bureau Départemental : la discussion de l’opportunité de créer un Comité de Réflexion dont les conclusions serviront au même Bureau Départemental pour juger de l’opportunité de créer une Cellule chargée de se réunir pour gérer la Communication du MoDem Départemental... » !!?

  • * *

Nous devons tirer les leçons de l’épisode du 29 Janvier.
Bien que le Conseil Départemental détienne la compétence pour définir la politique locale du MoDem, les décisions à caractère réactif doivent, par la force des choses, se prendre par l’exécutif départemental.

Etre élus à la tête ou siégeant au Bureau Départemental, c’est aussi se donner la capacité d’agir en son âme et conscience, sans attendre que Paris, tête de pont, donne sa bénédiction, sans craindre l’excommunication, ni se gargariser d’une « Haute Responsabilité », inhibante à force de formalisme et de sérieux.
Comme pour élever ses enfants : la perfection et le sans faute n’existent pas.
Vouloir se préserver d’un risque d’erreur, peut être aussi faire l’erreur de ne rien risquer.

Nous sommes MoDem et notre authenticité doit suffire à nous guider.

N.B. :
Qu’on ne se méprenne pas : Je ne prétends pas avoir l’énergie ni l’assiduité pour mener ce combat. Je ne revendique rien personnellement ; j’exhorte ceux qui se sont engagés à s’interroger sur leur réactivité et leur capacité à communiquer… Comme un bilan d’étape pour le devenir du Modem.

(1): Suite à une observation qui m'est parvenue via un courriel, il me parait nécessaire d'apporter une précision: Nulle part dans mon texte, je ne m’adresse à ceux qui ne sont pas venu à la manif’, ni ne leur reproche quoi que ce soit. Ce serait complètement déplacé et d'une grande intolérance. Évidemment, chacun est libre de manifester… ou pas. Désolé, que la tournure de mon texte ait pu être interprété ainsi… Mais j'ai beau chercher, je ne vois pas où cela peut apparaitre... Je préfère donc ajouter cette note pour ne pas laisser de place à l'équivoque.

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